‹ Les feuilles d'érableChapitre 18 sur 33 · A HOKACE SAINT-LOI' IS · texte numérisé non relu

A HOKACE SAINT-LOI' IS

Le printemps vient sourire à lu terre eharmee.

Le soleil de mai fait reverdir les forêts ;

Des souffles enivrants agitent la rainée ;

Des nuages d’encens s’élèvent des guerets ;

Et l’oiseau, sous le dais de la branche embaumée,

Mêle sa voix aux chants îles ruisseaux clairs et frais.

La sève à jets pressés dans les rameaux bouillonne ; La mousse agrafe aux rocs son manteau de satin ; Sur le trèfle odorant l’abeille tourbillonne ;

Sur les roses s’abat le papillon mutin ;

Et parmi les ajoncs la source qui rayonne Berce les nids rêveurs, d’un murmure argentin.

L’épaule du coteau luit comme une émeraude ; L’entonnoir du vallon de lis est constellé ;

Sous les grands bois ronflants le cerf, étonné, rôde ; Le bœuf, ravi, promène au loin son œil troublé ;

Et le semeur, suivi des moineaux en maraude, Eparpille dans l’air sa chanson et son blé.

On respire parfois comme un vent d’ambroisie ;

Dans la nuit l’horizon garde un reflet du jour ; Chaque être librement poursuit sa fantaisie,

Les enfants dans les fleurs, les bouvreuils sur la tour Et les monts azurés, ivres de poésie,

Parlent avec le ciel un langage d’amour.

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La nature a repris sa beauté, sa jeunesse.

Partout c’est un réveil qui vient tout redorer, Partout c’est un rayon qui réchauffe et caresse, ("est un luth que la main des brises fait vibrer . . . . Mais cependant, malgré tant d’éclat, tant d’ivresse, .Je ne revois jamais le printemps sans pleurer.

( ’ar il me fait songer au printemps de ma vie,

Aux mille illusions dont je me suis bercé,

Aux fleurs de mon chemin, a la douce harmonie Qui charmait mon oreille aux beaux jours du passé ; Car ce réveil est plein d’une amère ironie Qui déchire mon coeur par les regrets froissé.

Mais si le renouveau par sa magnificence Mc fait pleurer le temps (pie chacun pleurera,

11 m’apporte en retour la suprême espérance Qu après les jours de deuil la floraison viendra, Qu’il brille par delà ce monde de souffrance Cil printemps éternel où mon cteur renaîtra !

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