‹ Les feuilles d'érableChapitre 28 sur 33 · A MADAME · texte numérisé non relu

A MADAME

Mon ciel, hélas ! s’était tout à coup assombri, .l’allais comme perdu dans un désert sans borne. Nul souffle ne venait rafraîchir mon front morne, Nul rayon n’éclairait mon cœur endolori.

•l’avais vu s’envoler mes rêves de jeunesse :

Je n’avais qu’un ami, l’ange du souvenir:

Et. n'osant plus lever les yeux sur l’avenir,

Je pleurais l’astre éteint de mes heures d ivresse.

L’espérance semblait m’avoir fui pour toujours. Ma pauvre âme saignait aux épines du doute . . Mais je vous rencontrai, madame, sur ma route, Et je vis aussitôt revenir les beaux jours.

Votre main m’indiqua le vrai but à poursuivre. V ous me fîtes parfois des reproches charmants : Et, pour me consoler des désenchantements, Vous me dîtes des mots dont la douceur enivre.

Au poète blasé vous rendîtes l’espoir ;

Et, depuis, quand le vent des regrets bat ma voile, Vous êtes pour mon cœur en détresse l’étoile Qui guide le marin la nuit sur le flot noir.

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