BL ALICE
C'est un sol crevas si’1 par des chocs volcaniques, — Où partout l’eau thermale a lancé maint trésor, Cn pays sillonné de torrents frénétiques (k)ui roulent dans leurs flots du platine et de l’or.
De 1 dunes filons de quartz, aux reflets électriques. Font a ses tiers sommets un flamboyant décor;
Le blé croît à foison sur ses plateaux féeriques,
Et l’écho de ses lacs sonne comme le cor.
J’adore cet éden de coteaux et de landes, Ce frais eldorado, tout peuplé de légendes, Où je vois rayonner mon village natal ;
J’aime ses laboureurs pleins d’ardeur et de force, Car, comme le roc voile un précieux métal,
Ils cachent un coeur d’or sous une rude écorce.
L'ANGELrS Dr SOIR
Noyant les monts d’azur dans des flots de rayons,
Le jour, à l’horizon, a fermé sa paupière.
Dans les prés tout s’endort, hors le chant des grillons, Et l'église bientôt va se mettre en prière.
Ecoutez . Résonnant comme mille clairons, Le bronze du saint lieu fait rouler son tonnerre, Et le beffroi, tremblant sur sa base de pierre, Déchaîne sur le val une averse de sons.
Dans le lointain, qui luit comme un brasier de forge, L’écho des bois émus redit de gorge en gorge
Les modulations de la bouche d’airain ....
Mais la cloche se tait .... et l’on écoute encore
L’angelus qui gravit son échelle sonore
Et va se perdre au fond du ciel calme et serein !
LA sonie 11
Au vallon, près d’un roc ipie la mousse décore, Dans un cadre formé d’ajoncs harmonieux, Une source limpide, où se mirent les deux, Egrène lentement son chapelet sonore.
'font près, dans le rameau d'un arbre résineux Humide des parfums tpie son onde évapore, Un nid d’oiseau — tourné du côté de l’aurore. Se balance, et sourit au cristal lumineux.
A l’heure où le soleil brûle les sensitives,
Le papillon, cherchant la fraîcheur des eaux vives, S’en vient mouiller son aile au calice du val.
Le soir le nid coquet sur la source qui jase Verse les trémolos d’un chanteur sans rival, Qui plongent l’alentour dans une sainte extase.