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SOUVENIR

Baignant, de ses reflets d’argent, le jili des eaux, La lune se levait sur la berge embaumée : L’orchestre des oiseaux chantait sous la ramée, De suaves rumeurs ronflaient dans les roseaux.

Nous laissions notre barque aller à la dérive, Et, bercés au roulis sonore du courant,

Côte à côte, elle et moi, nous allions admirant Le grand panorama que déroulait la rive.

Nous longions des rochers de feuillages couverts : Devant nous s’enfuyaient des ailes éclatantes :

Et les arbres, penchés sur les vagues chantantes, Semblaient nous saluer, de leurs éventails verts.

L’enfant, laissant flotter sa chevelure blonde, Suivait, d’un œil rêveur, le flot sur le galet,

Ou bien-, pour voir ses dents blanches comme le lait. Baissait son front mutin sur le miroir de l’onde.

De la rame, fouettant parfois le fleuve clair,

Elle en faisait jaillir de longs rubans d’écume ; Parfois elle plongeait sa main dans l’eau qui fume, Et, rieuse, égrenait des opales dans l’air.

La marée endormait sa plainte modulée,

Et son dot tout à coup devint silencieux ....

Alors l’enfant tourna son regard vers les cieux.

Et dans l’ombre épancha sa voix fraîche et perlée.

Son ren ir

Répété par l’écho d’un bos(|Uct parfumé,

Sou refrain éveillait au loin les nids de mousse, Et, pour mieux écouter cette gamine si douce, L’oiseau, sur son balcon, se penchait tout charmé.

Son chant s’éparpillait en notes frissonnantes, Pures comme les sons d’un clavier de cristal,

Et mon Ame, emportée au bras de l'idéal, Franchit à cet instant les sphères rayonnantes.

() mon fleuve ! malgré les regrets et le temps,

Il m'est resté toujours un souvenir vivace De ce soir qui versait à longs flots dans l’espace Les rayons de l’éther, les parfums du printemps.

A N. -II. BEA lTI JEU

Quand le toréador, au milieu de l’arène, Frappé par l’animal baveux et mugissant, Sent Héchir son jarret tout maculé de sang, La foule est haletante, et retient son haleine.

Soudain un vivat part du côté de la reine. . . .

A et1 cri, le blessé bondit, et, brandissant Sa spade de Tolède, au fil éblouissant,

La plonge au col du bœuf (pli s affaisse et se traîne.

Gladiateur meurtri par les coups du destin,

Bien des fois je frémis sur mon pied incertain, Je crois voir s’envoler pour toujours l’espérance.

Mais qu’un bravo du cœur me vienne de ta part, Aussitôt je reprends, dans la lice de l’art,

Le courage qu’il faut pour vaincre la souffrance.

A CHAULES I .

Parce que quelquefois je suis seul au rivage,

Errant au boni de l’onde, et rêveur et distrait,

Xe va pas, mon ami, me croire un cœur sauvage, lTn cœur blasé pour qui rien n’a le moindre attrait.

Fuyant sans bruit la foule et son vain babillage, Je vais m’entretenir avec le flot discret, M’enivrer des senteurs qui flottent sur la plage, Et confier au vent qui passe un doux secret.

Et, quand j’ai là longtemps caressé mon beau rêve, Gravé des mots d’amour au sable de la grève, Interrogé, d’un œil ardent, l’immensité,

Je reviens au logis où je reprends ma lyre, Où, l’oreille tendue à la voix qui m’inspire, Je chante pour le Christ et pour la liberté.

A MADAME C. do I .

Fauvette qui soupire après la liberté,

Qui des prés et des bois recherche le mystère, Vous avez fui la ville et son air empesté,

Et posé votre nid dans un lieu solitaire.

Sur un site coquet votre toit enchanté Brille, dans le lointain, d’nne splendeur austère. La, l’amour printanier, que nul souci n’altère, Mêle ses doux soupirs aux bruits de la gaîté.

Le h Feu'dleH d' ICrable

Oui, vos | (ossi'do/, tout pour dorer votre vie ; Mais dans le loais rose, où le sort vous convie, Il vous manquait naguère une lleur, un rayon ;

Kt, pour que l’avenir doulilenient se rappelle Votre esprit, votre eosir, votre ardente prunelle, Dieu vous donne, madame, un petit an^e Moud.

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