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A FRANÇOIS COÏTÉE
Dans les nuits du printemps, loi\s<|Ue tout fait silence, Excepté les soupirs harmonieux du vent,
Excepté le babil du bot plein d’indolence,
Aux balcons nous aimons à rêver très souvent.
Parfois, interrompant la demi-somnolence Où nous sommes plongés par le recueillement, De suaves rumeurs, que la brise balance, Viennent nous enivrer dans notre isolement.
Ces doux bruits sont l’écho vague des harmonies Que versent du lointain les forêts infinies .Sous le souffle embaumé du divin floréal ;
De même des lambeaux de ton chant sympathique. Sur les ailes du vent, à travers l’Atlantique,
Sont venus bien des fois nous griser d’idéal !
A SULLY PRU1) HOMME
O barde ! — un voyageur, égaré dans la plaine, Tombe, épuisé de soif, sur le pâle gazon. . . . Mais, comme son regard sonde encor l’horizon, Il croit ouïr le bruit d’une source lointaine:
Et bientôt, ranimé, sentant un doux frisson,
Le mourant se roidit, sur ses genoux se traîne,
Et dans le creux d’un val, à l’ombre d’un buisson, Il boit la vie au Hot d’une fraîche fontaine.
Comme ce voyageur j’étais tombé brisé.
La soif de l’idéal brûlait mon cœur lassé,
Et rien ne charmait plus mon âme soucieuse ;
Mais j’entendis au loin votre luth résonner. . . . Aussitôt à vos chants, source délicieuse,
Mon esprit s’en fût boire et se rasséréner.
A BENJAMIN Kl JET H
Sans crainte, le mineur s’enfonce sous la terre, Cherchant, presque à tâtons, le filon précieux, Mais l'émotion fait trembler l’audacieux, Quand son pic rebondit sur le quartz aurifère.
Il tressaille de joie en face de la pierre
Où l’or brille pour lui comme un reflet des cieux.
Il caresse aussitôt maint rêve ambitieux,
Et déjà l’avenir éblouit sa paupière.
Vous êtes ce chercheur hardi, jamais lassé.
Vous fouillez constamment dans l’ombre du passé. . . Autour de vous souvent la nuit se fait bien noire.:
Et vous sentez frémir votre cœur satisfait,
Si vous mettez la main tout à coup sur un fait Dont vous pouvez encore enrichir notre Histoire.