‹ Les fiançailles et le mariage;Chapitre 126 sur 500 · Chapitre I · texte numérisé non relu

Chapitre I

Le lien conjugal, nous l'avons dit déjà plus haut, est un lien moral que le contrat de mariage noue entre les époux, et qui les unit d'une union si élroite qu'ils ne forment plus qu'un principe unique de procréation et d'éducation des enfants. Ce qui constitue ce lien, ce qui en forme les fibres, ce sont les droits et les devoirs divers des conjoints. Droits et devoirs mutuels d'abord : les époux sont astreints en effet : a/ au devoir conjugal (*) ; b/ à la cohabitation ; c/ à l'amour et au soutien mutuels sous la préséance du mari. Viennent ensuite les droits et devoirs vis-à-vis des enfants : éducation, formation.

Article i. Le devoir conjugal

Deux paragraphes : le premier montrant la légitimité de l'acte sexuel entre époux ; le second délimitant leurs droits et devoirs à ce sujet.

1. L'apôtre S. Paul se sert couramment de l'expression : devoir con'iugal. pour désigner d'une façon plus décente la copula carnalis, le commerce sexuel entre époux, commerce qui constitue, comme nous le verrons, une des obligations primordiales du mariage.

Division.

•iii Dl i

PAI iO\ I i.i 0IT1MIT1 Dl i- H TE 81

cm mu ii ii opo 1 1 1 - 0 parlant t /<• '<//</

//.7s. à let s"/'/"- - 1 apU i in lui < légitimée entre éi><>" < . < t ■

Preuves et explication Vlaieut i I oute bi lion. <

A""'1 li h l tni pi elle i de - a natw i - » /

art ,,/ '

r/r in. Mmew i Or, en !re i /"<<' fou

Boni 'i/'/«-.s à la géi sion det auto te, I lonc.

La majeure de ce syllogisme est claire. I S. I honnis i . qu, 153, .'i t . 1 1 -i 1 1 1 j •

dans les actes humains esl pré< isément ce q ont de

contraire à l'ordre de la rai» Or, le \ de la i

de diriger convenablement chaque chose vei Il - * ■ 1 1 i t

toutefois .i la licéité de l'acte, que celui-ci soit ordonné i lin de sa nature } ou, comme on dit dans 1»- I stique :

per se. I ar « ce n'esl pas ce qui peut arrivei per a lans

un <as donné qui fournit la mesure <lu bien et du mal «i actes humains. < 'est !•• Ln-nre, la nature même de ! uil

Tant considérer dans son ensemble i (M.

Venons-en à la mineure.

Lu fin vers laquelle tend Tact»' sexuel esl évidemment la propagation de l'espèce. Cet acte, pris en lui-même, ne poursuit aucun nuire but. D'autres lui assignent, il est vrai, d'autres encore, notamment l'apaisemenl de la passion. Mais on ne peut voir là, à proprement parler. 1«' but vers lequel tend Fœuvi la chair, mais bien plutôt le moyen d'atteindre ce but. < Mitre la lin propre : le but de procréation, il ne peut question

que de 6ns improprement 'lit.'-, .«t simplement subori la vraie (2).

Et en effet, qu'indiquent la différence même entre le? sexes, et la disposition respective des organes génitaux; que signifie, «lans cet ordre d'idées, l'analogie avec les animaux, sinon que les relations sexuelles poursuivent un but propre, un but unique : la propagation de l'espèce ? Et le s 9 commun lui-même ne rend-il

1 ('. Cent., 1. III, chap. I».

2 Voyei ci-dessus aux n" T..» suiv.

pas témoignage à cette vérité (*) ? Ce n'est pas certes l'apaisement de la passion qui constitue le but propre de l'œuvre de la chair. En effet, la passion, qui n'est autre que le désir de volupté, s'allume chez l'homme précisément pour le pousser à poser l'acte qui apporte avec lui la volupté rêvée. La passion est donc un moyen voulu par le Créateur pour obtenir plus sûrement l'acte, et par là le but à atteindre. Comment dès lors ce but pourrait-il è[rc l'apaisement des sens? Non, le but est tout autre : c'est la propagation de la vie et l'éducation des enfants. La volupté et l'apaisement des sens ne sont ici que des moyens, comme il a été dit au n° 53, à propos du mariage lui-même.

Il faut donc que l'acte sexuel soit ordonné vers sa fin : la propagation de l'espèce. Considérons à présent celle-ci : la propagation <l<4 l'espèce implique non seulement la génération, et par conséquent des rapports compatibles de leur nature avec la [écondation, mais en outre l'éducation, d'après l'exposé déjà donné au n° 49. C'est pourquoi il faut aussi qu'homme et femme soient unis Vun à Vautre par le lien conjugal : en effet, l'éducation des enfants requiert de soi la collaboration et les soins prolongés du père et de la mère, et ceci ne peut s'obtenir, naturellement et en règle générale, que moyennant l'obligation mutuelle des parents à la vie commune. Il est bien des cas, il est vrai, où l'œuvre d'éducation pourrait être assurée hors du mariage ; tel le cas de parents riches et bien disposés. Mais alors c'est le hasard et non plus la nature des choses, qui en dispose ainsi ; ce cas est pcr accident, comme on dit ; et il en est de même du cas inverse

I. S. Thomas (2* 2", qu. 15.1, art. 2) parle dans le même sens: « De même que les plaisirs de la table sont destinés à conserver la vie de l'individu, ainsi les plaisirs sexuels sont destinés à conserver la vie de l'espèce... Conséquemment : de m5mc que les premiers peuvent être légitimes, s'ils sont goûtés avec mesure de façon à être salutaires au corps, ainsi les second^ peuvent être licites, s'ils sont pris avec modération et selon l'ordre prescrit, de façon à procurer la propagation de l'espèce».

Voyez aussi C. Génies, 1. III, chap. 122 : « L'émission du sperme doit avoir en vue l.i génération, QUI t9i la fin du commerce entre les sexes. Mais il ne suffit pas d'engendrer l'enfant ; il faut encore le nourrir, faute de quoi il meurt. C'est pourquoi l'émission du sperme doit tendre de sa nature rers la génération et l'éducation de l'enfant ». F.t plus loin, chap. 121: « Seule entre tous les actes naturels, la généra tion tend au bien de l'espèce ; la nutrition. . concerne l'individu, mais la uénération conserve l'espèce elle-même ». Et enfin au chap. 126 : « Il est dans l'ordre que l'acte 9cxuel soit posé dans l'intérêt de /'/ procréation et de l'éducation des enfants ».

Pour nombre d'autres témoignages dans le même sens, nous renvoyons aux Collât Bru<]., t. VI, p. 472 suiv. ; t. VII, p. 47(1 suiv. ; & Esmeiw, o. C. I, p. 241 et 249 suiv. ; au Anal. eecl. 1903, p. 231 suiv.; à Sebxtng, Die Unterseheidung , p. 7 <\ i: Pour l'opinion contraire \oyei Trei'b, o. c. p. 36. qui apporte la citation du IV Pierson : « T. a belle union de l'homme et de la femme peut être une source de fie nouvelle ; elle peut aussi ne pas l'être : elle, a dé\à sa raison d'être en elle-même ».

Page 1