I. — AVANT LE MARIAGE
35. — On appelle mariage mixte, dans le sens strict du mot, celui que contractent deux personnes baptisées, dont l'une est catholique et l'autre hérétique ou schismatique. Peu importe que cette personne hérétique ou schismatique Tait toujours été ou non, qu'elle appartienne au rite latin ou au rite oriental ,pourvu que l'autre partie soit catholique et du rite latin.
Le mariage mixte est gravement illicite tant à cause du scandale qui en résulte qu'à cause des dangers très graves qui en découlent : danger de perversion pour la partie catholique, danger de mauvaise éducation pour les enfants, danger d'indifférence en matière de religion et enfin danger de discorde dans la famille. Aussi l'Eglise a-t-elle toujours sévèrement défendu ces sortes de mariages et elle nous rappelle que malgré la dispense qu'elle accorde, ils sont encore défendus par le droit divin s'il reste quelque danger de perversion, soit pour la partie catholique, soit pour les enfants. (1060.)
Les pasteurs des âmes. Ordinaires, Curés et autres feront donc leur possible pour détourner les fidèles de ces mariages mixtes et quand ils n'auront pas réussi à les empêcher, ils feront en sorte que les lois de Dieu et de l'Eglise soient observées dans leur célébration. Ils exigeront de la partie noncatholique aussi bien que de la partie catholique, qu'elle produise son extrait de baptême ou du moins des preuves certaines qu'elle a reçu ce sacrement.
L'Eglise n'accorde jamais de dispense pour ces mariages, si ce n'est quand les conditions suivantes sont remplies:
1° Que ce mariage soit nécessité par de graves et juste* motifs.
2° Que répoux non catholique donne la garantie qu'il éloignera tout danger de perversion pour la partie catholique et que les deux époux s'engagent à faire baptiser tous leurs enfants dans l 'Eglise catholique et à les élever 'tons dans la religion de cette même Eglise.
3° Que l'on puisse avoir la certitude morale que ces conditions seront remplies.
''Toutes ces conditions doivent être exigées régulièrement par écrit." (1061.)
"L'époux catholique a pour obligation de travailler prudemment à la conversion de son conjoint non catholique." (1062.)
"On ne publie pas ces sortes de mariages, à moins que l'Ordinaire le juge plus opportun; mais alors il faudrait prendre les moyens d'éviter le scandale, avoir obtenu les dispenses nécessaires et ne pas faire mention de la religion de la partie non catholique." (1026.)
36. — "Quoique les futurs aient obtenu une dispense de l'empêchement de religion mixte, il ne leur est pas permis, ni avant de contracter leur mariage devant le prêtre, ni après, ni par eux-mêmes, ni par procureur, de se présenter devant le ministre hérétique agissant en cette qualité, pour donner ou renouveler leur consentement. Si le Curé savait de source certaine qu'ils l'ont déjà fait ou qu'ils ont l'intention de le faire, il devrait s 'abstenir d 'assister à leur mariage ou n'y assister que pour des motifs très graves, en évitant le scandale et après en avoir référé à l'Ordinaire."
' ' Si cependant, en vertu de la loi civile, le ministre hérétique remplissait les fonctions d'officier de l'Etat civil, on pourrait permettre que les époux se présentent devant lui, mais uniquement pour obéir à la loi et assurer les effets civils de leur mariage. ' ' ( 1063. )
37. — "Si le mariage mixte avait lieu dans le premier cas exceptionnel, lorsque l'un des époux est en danger de mort, le prêtre qui le célèbre, dans l'impossibilité de recourir à l'Ordinaire, pourrait dispenser de cet empêchement de religion mixte, mais dans tous les cas, en imposant les conditions requises pour ces sortes de mariages." (1043.)
Si donc on exige ces conditions ,même de ceux qui sont en danger de mort, on ne peut plus suivre Topinion de ceux qui pensaient que dans un cas spécial urgent, même en dehors du danger de mort, alors que l'on ne peut recourir au Saint- Siège, rOrdinaire pourrait permettre au Curé une simple assistance, avec demande et réception du consentement, sans aucune autre cérémonie, afin que le mariage fut valide, à des futurs qui refuseraient de prendre les engagements requis, si le Curé prévoyait en même temps qu'ils se marieront quand même, soit devant un magistrat civil, soit devant un ministre hérétique.