ACTE I, SCÈNE IV
MICAEL.
Je la crois étrangère, car pour la première fois je l’ai vue à la fêle du saint patron de noire village, il y a un mois environ.
MARIO
Moi, je la voyais chaque dimanche, à la chapelle du cloître, où elle venait prier. Un jour, elle a cessé d'y paraître. . il y a un mois à peu près... et je ne l’ai plus revue. Dejmis ce temps, je ne pense plus, je ne vis plus ; le cloître est pour moi un tombeau ; et si je suis acx;ouru, en apprenant le réveil de nos luttes de famülej ce n’est pas seulement pour me retrouver près de mon père et près de toi, ce n’est pas seulement pour prendre ma part de vos dangers : Là-bas, me disais-je, est le monde qu’elle habite, le sol qu’elle foule sous ses pas et l’air qu’elle respire... partons !.. et une fois en route, il me semblait que j’allais la rencontrer à chaque détour du chemin... je préparais d’avanre les phrases que j’allais lui dire !..Tu m’écoules avec étonnement... tu souris!.. Tu vois a quel point je suis fou, ou plutôt à quel point je l’adore!..
MICAEL.
J’aime trop raoi-mème pour ne pas te comprendre, (on oni«nd
dei cris au loin.)
MARIO
Écoute!..
MICAEL.
Que se passe-t-il donc?..
MARIO
On appelle au secours !..
MICAEL, regardant par la (eoilre.
C'est une femme dont le cheval s’est emporté... il l’entraîne vers les roches Noires...
MARIO
Vers le précipice !..
MICAEL, regardant de nouvean.
Ah!., g^nd Dieu!., c’est... Prie pour moi, frère...
MARIO
Que vas-tu faire?..
MICAEL.
Prie pour moi !.. (ll laute par la fenêtre.)
^ MARIO
Ah! Micaël! Micaël!...ll court au-devant d’elle... il se place sur sa route!... mais le cheval le foulera aux pieds 1. Non !.. il 's’attache à sa crinière... il le saisitaux naseaux... le cheval furieux les emporte tous deux!.. Mon pieu !.. mon Dieu !.. et le précipice... le précipice est là!... (Apercerant une carabine.) Ail! guidez ma main. Seigneur !.. (il couche en joue et tire, puii il tombe agenouillé.) Qu’ai-je fait?., ai-je tué mon frère?... l’ai-je sauvé?.. La force me manque... il faut pourtant que je sache... (ii æ traîne chancelant jot<iu’à la fenêtre.) Je ne peux pas... je ne peux pasl..
LES FfANT.ÉS d’alBANO.
MICAEL, cil ildiors.
MARIOj avec joie.
Mario!.. Mario!..
Ah!..