I. Ilippotailes f|iii pro inuncrc venlos
Ciirvct ut ini[)ul!-os utilis aura sinus.
:!. .\ouvf(m vnyaijc du Nord, dans lequel on voit les mu'urs, la manière de vivre et les superstitions des \orvéiri<'iis. des Lapons, d(!s kiloppes, des Borcndiens. etc.
trouver un nouveau, il ne peut plus s'en arracher.
— Si ce n'est pourtant, répliqua Walter, quand je puis avoir le plaisir de passer quelques instants avec l'aimable et ingrate cliente cjui, en ce moment, m'accuse, et c[ui me ferait passer, si on la croyait, pour un de ces animaux de l'espèce des rongeurs, que les Allemands appellent des Biicherwnrnie '. Le fait est, ajouta-t-il en s'adressant à Marcel, que j'ai l'amour des livres, que j'en cherche de tous les côtés, que j'amasse avec une joie d'avare tout ceux (pie je puis me procmor, et parfois, s'il faut vous faire ma confession, j'ai peur que mes désirs toujours croissants ne dégénèrent en manie. Déjà les capitaines des bateaux à vapeur, et ceux des navires marchands, qui abordent annuellement à Ilammerfest, ne règlent plus leur compte en écus, quand ils ont besoin de mon ministère ; ils m'apportent des livres, qu'ils ont recueillis décote et d'autre dans cette intention, et ma femme, ma chère Ebba, qui est la bonté même, me menace parfois d'allumer le poêle avec ces amas de papiers imprimés qui oncomliront, dit-elle, la meilleure part de notre petite demeure. Mais vous excuseriez mon ardeur do bibliomane, si vous saviez cjuelle est ma situation sur ce coin do terre septentrional. Tenez, je me rappoDo un des vers de votre poète La Fontaine, que nous apprenions par cœur au gymnase :
Car que faire en un gîte, à moins que l'on ne songe .*
Notre gîte est tel. que, quand on a beaucoup songé, on a encore bien du temps de reste. L'été, seulement, une phase de mouvement, d'afîaires et d'exercices ; l'hiver, la solitude, et quelle solitude ! Pas un bi'uit du dehors ! pas une çonnnunication avec la lointaine existence de l'Europe ! Des mois entiers do silence et de torpeur ! Un exil, plus qu'un exil, une sorte de séquestration do la vie humaine, comme dans un établissement pénitentiaire à l'extrémité du monde ! Une nuit perpétuelle, et parfois des rafales, des tourbillons do neige qui ne nous permettent pas même do visiter notre plus proche voisin. Chaque maison est alors, comme un de ces krepost russes de la frontière du Caucase, assiégée et cernée, non point par une bande de Tcherkessos, mais par un ennemi plus puissant et plus tenace, par les frimas du Nord. Que faire dans une telle captivité, dans ces longues nuits qui, comme les longs jours du solstice d'été, ont aussi leurs vingtquatre heures ? La Providence m'a donné les