‹ Les fiancés du SpitzbergChapitre 13 sur 47 · Aiicli ic:i war in Arkadicn ■'cliDrcn · texte numérisé non relu

Aiicli ic:i war in Arkadicn ■'cliDrcn

les pauvres niaiiiis russes fréquentant notre porl, ne connaît pas de frère', c'est-à-dire qu'elle se joue de nos plus chères résolutions; et la nécessité m'a fait descendre de mon rêve ambitieux déjeune homme dans mon humble habitation de Hammerfest. Mon père avait sacrifié pour mon éducation son modicjuc patrimoine ; quand Dieu me l'enleva, je venais de terminer mes éludes ; je me trouvais à Christiania, sans fortune, sans appui, et, dans mon abandon, je devais m'eslimer heureux d'obtenir celle place de médecin de district, qui me donnait au moins un honnête moyen d'existence. Si d'abord j'ai gémi de la destinée qui se jouait cruellement de mes glorieuses as])iralions, qui me condamnait à une sorte de déporlaliou sur celte plage de l'océan Glacial, plus tard j'ai reconnu que la Providence, dans sa miséricorde infinie, nous conduit quelquefois par des sentiers ([ue nous ne devinions pas, et que nous dédaignions, à un bonheur que nous n'avions pas entrevu. Peu à peu je me suis résigné à cette obscure situation, si différente de celle rjue j'avais rêvée ; puis j'ai trouvé une douce, bonne, vertueuse femme, quia bien voulu unir son sort au mien ; puis j'ai deux beaux enfants qui grandissent sous mes yeux, comme deux vigoureux bouleaux ; puis, l'aisance nialérielle, et, je l'espère, l'estime de ceux qui m'entourent, et l'espoir, si j'ose le dire, do faire, de temps à autre, un peu de bien, et mes livres I (jne faut-il de plus poursuivre, avec un paisible contentement, son chemin en ce monde ') Maintenant, (piand il m'arrive de me souvenir de mes ardents projets d'autrefois, j'y songe, comme un vieillard songe, eu .souriant, aux témérités de sa jeunesse, dont il est à l'avenir garanti par l'âge et par rexpérienc.'. »

Marcel avait écouté, avec une vive sympathie, cette confession qui, par plusieurs côtés, touchait à ses propres sentiments, qui. par sa conclusion, lui rappelait la philosophie de Rioiideau.

" Deux honunes si diirérents. se disait-il, et (pii arrivent par des voies si opposées aux mêmes idées de calme et de résignation ! ■N'est-ce pas là, après tout, la vraie sagesse ? »

En faisant cette réflexion, il leva les yeux sur Carine et, à voir la sérieuse fixité avec laquell(> il la regardait, on eût dit (lu'il se deinandait s'il pourrait renoncer à ses rêves aventureux, pour suivre, pas à pas, avec elle, un des humbles sentiers de la vie.

Mais elle ne \il point ce regard du lieutc-

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