‹ Les fiancés du SpitzbergChapitre 14 sur 47 · NDiiida In Mc -M)! brait · texte numérisé non relu

NDiiida In Mc -M)! brait

Li:S FIWCKS DU SPITZIÎKIU;

nanl; ollo cluMuiiiail on silence l\ cùli' du doclour, la lirruirà demi Noiléo i)ar les|)Iis do son ciiàle. Dans sa pudique placidilé, elle resseinbiail à celte image «rracieuscment dépeiiilc dans les chants serbes, à l'image deMililza.

« Je ne suis point, dit Milil/a, la Wila «lui conjure les nuages : je suis une jeune fdle et je marche devant moi. »

Marcel la (juilla à la porte de sa demeure, en la saluant respectueusement, reconchiisit jus(pie chez lut le docteur, puis retourna à hord de son na\ire, l'esprit rêveur et le cu'ur troublé.

CIIUMTHK Ml

In d'v fri't'i 'sli'U Zcit'^ii cnlslaiidm dir melnli'U liiiST Sii'jfii, ilii 11(1 lier M'vsclt (jleick ju- (jcniilivh irif die SnUir nul Knlhiisiasiiiiis and Itcliender lli'jcislenimj s'e anscli'tuti'.

,1. (i HIIUIKS.

La pliip.Trt de ces tradilinns «'alfiil d'une (■poi|iio iiriiiiilivi', du temps où I homme, jciine comme li naliirc la coiilemplail av(^r (■nllioiisiasmc et avec une altcclueiise exaltalioti.

La semaine suivante, le beau navire de I)unkeique, convenabicmeni réparé, poursuivait sa roule vers le Spitzberg.

(larine, en se rendant à bord de /,/ liosay[(iru\ avait, dans sa modestie, proleslé coiilre la générosité de Blondeau et de Marcel, {piilui abandonnaient leur appartement. Puis, comme tous deux persistaient dans leur résolulion, elle avait fait son installation, disposé sa couchette et celle de son père, rangé ses bardes et ses livres, à l'aide de Frisquet, que le lieuteinnt avait mis à ses ordres, et qui se montrait 1res (Miipresséde la servir. Dès le premier jour, elle avait réglé sa vie dans sa maison llottante, comme elle la réglait à terre, avec ses habitudes d'ordre. Le ciel était pur, la mer calme. (>t ce calme paraissail très alTermi. Rare bonhettr dans ces contrées boréales.

(^^uiconque a quelque peu étudié les |)h(''nomèr)es de la nature, sait tpi'à mesure <[u'on s'éloigne de l'équateur, les brises deviennent phis variables, lis ne s'étendent guère en deçà du trentième degré de latitude septentrionale, ces vents chéris du marin, ces vents alizés avec lescjnels un navire glisse régulièrement sur les flots, comme lin wagon sur un clieiirm de fer ! L'Europe ne les comiaissait |)as a\anl le voyage de Christophe Colomb, et les timides compagnons du grand navigateur sentirent li^ur perplexité s'accroître, lorsque, pour la preiuière fois, ils se trouvèrent enqmrtés par un souille rapide, qui, de plus en plus; les

éloignail de leur petit poil de Palos. Pour apaiser leui- crainte, Colond) prenait à tâche de leur dissimuler la célcrilé de leur marche. <i Encore trois jours ! » leur disait rhéroï([ue capitaine dans la sublime confiante tle son génie ; et après c(\s trois jours il voyait en elTet rayonner, dans sa beauté virginale, la terre des Antilles. La découverte des vents alizés le contluisail à la découverte de r.Vméri([ue.

Dans nos régions européennes, il n'y a rien de semblable à ces mmiIs fidèles, à ces courants almospliéritpi(>s (jui, dès qu'on les a rejolids, enneni les voiles du navir<> et le mènent en droite ligne, sous un ciel azuré, sur une mer phosphorescenle, à plusitMirs centaines de !ieu(>s de distance. Malgré l'axiome du vieux Doiia : << Il n'y a tpie trois bons ports sur la Médilerranée, juin, juillet et aoi'it, » ces trois ports imaginaires, ces trois mois d'été, Irompenl souvent l'espoir des matelots. C'est bien autre chose dans les parages du Nord : là. il n'y a pas un jour de (piiétude assuré ; là, au calme le plus parfait succède tout à couj) une rafale impétueuse; là, il arrive que tous les vents s'échappent à la fois de l'antre d'Eole, et luttent l'un contre l'auli'e.

Dans celle mobililé per|)(''luelle de l'atmosphère, le marin est obligé de se tenir sans cesse sur ses gardes. Le moindre nuage (itii s'élève à l'horizon porte peut-être dans ses flancs utie tempête; une vapeur légère i)eut en un instant se convertir en luie brume ténébreuse. Sur cette arène boréale, le cotiflit des éléments est si rapide et si variable, ([ue parfois un navire vogue tranquillement à i)leines voiles, tandis qu'à une courte distance de là. un autre [leulà peine résister à la violenre d'un ouiagan. Un houune tiui s'est l'ait un nom distingué par ses expétlilious dans le Nord, M. Scoresby, raconte, dans une de ses relations, que, par une riante matinée, il avait gravi à la poiide d'un roc escarpé. Tatidis qu'il était là, à deux mille |)ieds au-dessus de la mer, contenq)lant dans une parfaite (luiélude l'itiimense espace tpii s^ tléroulail autour de lui, soudain il se trouva assailli par un tel coup de vent, qu'il fut obligé de se couch(>r tout de sou long sur nneélioile plate-forme, et de s'y cranqionner de ses deux mains [)Ourne pas être lancé dans l'abime.

Dans le ciiuptième chant de ses Lusiades, (^amoens représeide le vaisseau de Gama voguant paisiblement sous le ciel étoile vers le l)romoidoire d' \frique, c[ue Diaz avait appelé le cap des tempêtes, et que Jean H de Portugal nomma le cap de Honne-Espérance ; tout à coup un nuage noii- cache sous ses ailes si-

nistres Tazur de la voûte éthôrée : la mer se soulève en mugissant, et aux regards des nouveaux Argonautes apparaît un colosse sans pareil, un spectre cfïroyable : c'est le géant Adamastor, le compagnon d'Encelade et de Briarès aux cent bras, le gardien de ces plages

J^ur le pont du navire. Frisquet est empressé à servir Cariiie.

inexplorées i, qui s'irrite de voir des étrangers pénétrer dans ses domaines, et les menace de ses ^engeances.

Cette fiction du glorieux poëteest une image

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