‹ Les fiancés du SpitzbergChapitre 15 sur 47 · I. Eu sou aquelle occulto, e grande Cabo · texte numérisé non relu

I. Eu sou aquelle occulto, e grande Cabo

A quem chaînais, vos outros, Torinenlorio. (Os Luisiadas, eiianl \, stroplic 5o.)

des phénomènes du Spitzberg. Là, le superstitieux matelot peut croire à l'existence d'un de ces êtres fabuleux, d'un de ces titans qui défend avec fureur l'entrée des sombres parages où les foudres célestes l'ont jeté.

Cependant, depuis son départ de Hamnierfest. rien ne faisait présager au bâtiment dunkerquois une de ces terribles apparitions ; il jouissait d'un calme extraordinaire, non point ce calme de l'équateur, ce calme redouté des marins, où les voiles tombent languissamment le long des mâts, où le navire et la mer ont l'immobilité d'un tableau ' ; mais un calme animé jîar une petite brise qui plissait, comme l'eau d'un lac, la surface de la mer. On eût dit (jue les elfes, ces douces fées du Nord, écartaient les nuées et les ouragans de la jeune Suédoise, qui elle-même ressemblait à une elfe par sa chaste beauté et sa grâce idéale.

Le matin, Carine restait enfermée dans sa chambre ; à l'heure du déjeuner, elle se rendait dans la salle à manger : sa toilette était complètement achevée, ses cheveux lissés sur ses tempes, son mantelct noir boutonné avec soin, ses mains blanches comme des mains de duchesse ; l'après-midi, elle faisait une promenade sur le ijont.

et quelquefois s'asseyait près du bastingage, avec un hvre ou avec un ouvrage de tapisserie ; ])uis elle redescendait dans sa cabine jusqu'au moment du dîner.

Tromblon n'avait pu la voir sans se livrer à quelques-unes de ses vulgaires plaisanteries.

« Caramba ! s'écria -t- il en fixant sur elle son regard impudent. Notre capitaine et notre lieutenant n'ont pas la berlue ; ils ont mis en cage une jolie fauvette, un pou maigre seulement. N'importe ! c'est ce qu'on peut appeler un beau blinde fi lie. »

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