‹ Les fiancés du SpitzbergChapitre 2 sur 47 · I. I,on<riie, ('-Iroilect légère cinliarcalion en sapin · texte numérisé non relu

I. I,on<riie, ('-Iroilect légère cinliarcalion en sapin

Li:S KIANCKS I)L SI'ITZBKlUi

lions, riniiciit par crdci- aux instances do l'armateur, qui leur représentait queceTroniljlon était un liarpoiuieur de première force, et (jue ses mau\ais instincts jiouvaicnt être maîtrisés par une ferme sur\eillance. Tiomi)lou lut inscrit à la première colonne du r(jie de récpiipa.ii(>. Dès le jour où il sut c[u"il devait s"embar(|uer. il vint demander à M. ^anskep une avance sur sa solde, et on Je \il courir de cabaret en cabaret, son bonne! de laine sur l'oreille, sa xannise ouxerte siu' sa [)oitriiie, cliantanl d'une \oi\ rauque un xieux refrain de matelot.

Un soir, le cipilaineel le lieiilenaiil le renco'ilrèreni sur la jetée, \acillautet trébuchant, dans un élal d'ivresse; ils lui firent quelques remontrances vl voulurent l'aider à se soutenir ; mais aussilôt il se dressa devant eux de toute sa Iiaulenr. ploya les bras comme un lionuiic (pii s(>i)répare à boxer, puis s'éloigna eu juraul.

Par bonlieur. les deux olïiciers de la Rusa- Marie devaient amener avec eux des marins d'une meilleure trenq)e. notamment le limonier Krasnois. l'alerle rameur Dambelin et plusieurs aulrivs. Marcel faisait aussi eml)arquer, à titre de mousse, un pauvre petit orphelin nommé l'risquet. qu'il avait trouvé un jom-. mendiant dans les rues de Dunkerque. et qu'il avait charitablement recueilli.

Au commencement du printemps, le navire (pii occupait si vivement la pensée de M. Vanskep était enhu armé, gréé, approvisionné de viandes salées, de légumes secs et de biscuits de mer pour plus d'un an. L'armateur ajouta généreusement à cet approvisionnement habituel une barricjue d'eau-de-vie e( deux barriques de bonne bière de Flandre ; puis il enjoignit à Blondcau de relikher à Ilammerfest, et d'y prendre, à quehiue candilion que ce fût, tni pilote (>\périmenté pourl(> conduireau Spitzberg.

Le 1" mai. au lever du soleil, la liosa-Marie levait l'ancre, puis s'avançait majestueusement vers la pleine mer, par une belle brise de sud-sud ouest.

.\ la même heure, dans la petite église des Dunes, vénéréeà Duukerquecommela chapelle de Notre-Dame de la (îardeà Marseille, et celle de Notre-Dame de (Jràce à Honlleur. unejeune lille s'agenouillait pieusemeul devant une image de la \iiij.'e eidourée d'ex-voto. Lors- (pi'elle eut achevé son acte de dé\otion, elle entra dans la sacristie, et, déposant une pièce d'or dans la main du prèlre, le pria de vouloir bien dire (jnehiues messes poiu- des marins tpii allaient bien loin, dans des régions péril-

leuses. Lu sorlani de l'église, elle tourna ses regards du côté delà mer, où le bâtiment qui vetiail de partir creusait de ra|)ides sillons ; puis elle abaissa son voile sur son visage et regagna sa demeure, le front pensif, le cœur ému.

C'était Mosa-Marie.

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