‹ Les fiancés du SpitzbergChapitre 24 sur 47 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Each moss, eaclc shell, each craiviing inaect holds a vank important in the plan of him uho formed this scale of heings.

Thomson.

Cliatiuo mousse, chaque coquille, charine insecte rampant occupe une place importante clans le plan de celui qui a formé récheile des êtres.

Il est des jours où tous les germes d'espoir et de joie renfermés en nous s'épanouissent à la fois par une puissance mystérieuse, comme les plantes d'un frais vallon par une fraîche matinée de printemps ; des jours où l'on dirait (|ue l'âme a noyé dans les eaux d<i Léthé toutes les peines et les anxiétés de la vie, et fermé les portes des mauvais songes pour se délecter sans trouble dans l'essor de ses rêves dorés, pour s'irradier aux clartés d'un horizon sans nuage. En ces jours d'enchantement, il semble

que, par une miséricorde céleste, l'homme ait vu fléchir devant lui le glaive do feu de l'archange, et reconquis son Eden. Il lève les yeux au ciel avec une douce confiance; il promène avec une noble fierté ses regards autoin- de lui, connue un roi paisible sur ses domaines. Par les facultés de son esjjrit, par ses sens, il ne perçoit que de riantes inqncssions ; par le prestige de sa pensée, il colore, il anime tout ce qui l'environne. La terre lui apparaît comme une immense vallée sous u\\ dôme d'azur ; l'onde lui sourit comme un miroir de cristal. Dans les airs, il entend vibrer des harmonies nouvelles ; en lui-même, il sent une plénitude de vie qu'il n'avait jamais connue ; et telle est l'abondance de ses émotions, que parfois son cœur ne suffît pas à la contenir et s'incline sous leur trésor, comme le calice d'une fleur sous la rosée qui l'emplit.

Tel ftit, pour Marcel et Carine, le jour où ils se revirent unis l'un à l'autre par un noble sentiment ; ils s'étaient quittés à minuit, après leur virginale expansion ; ils se retrouvaient, au malin, avec ime douce assurance. Par un mouvement simultané, ils se tendirent la main, puis ils restèrent vm instant l'un près de l'autre en silence. Quelle parole eût pu exprimer l'intimité de leur émotion I quel serment verbal eût pu fortifier celui qu'ils s'adressaient par leurs regards !

Jeunes tous deux, et tous deux portés aux mêmes conceptions idéales, et tous deux se dilatant, pour la première fois, au limpide rayon de leur amour, ils s'alliaient l'un à l'autre par le sentiment le plus pur et le plus profond. Leurs âmes s'élançaient ensemble dans le temps, dans l'espace, comme ces blanches colombes dont parle Dante, le grand poète :

Q\iali colombe tlal disio chiainalc Con l'ali aperle e ferme al doice iiido, Volan per l'acr dal voler portate i.

Ce jour-là aussi, Marcel était libre. Le navire était ancré dans la rade, les matelots apprêtaient les bateaux de pèche, et Blondeau, comme s'il eût deviné le désir de liberté de son jeune ami, avait voulu se charger lui-même de surveiller ses préparatifs.

Le lieutenant pouvait donc, sans inquiétude et sans scrupule, consacrer toutes ses heures à sa chère Carinc.

« N oulez-vous, lui dit-il, que je vous conduise à terre :' Après ces longues semaines de navigation, il me semble que vous devez éprouver le besoin de sortir de cette étroite

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