‹ Les fiancés du SpitzbergChapitre 39 sur 47 · A. tic Lalour · texte numérisé non relu

A. tic Lalour

2. Ilor.e cedunt, et dies, et menses, et anni, ncc pnelcritum lenipus uncpiam revertitur. Cicérqs.

petit ustensile, qu'on avait vu tant de fois sans la moindre émotion, occupait maintenant l'attention de toute la communauté.

Chacun regardait avec un plaisir d'enfant les grains de sable s'écoulant par leur étroit orifice dans leur prison de verre.

Ainsi, sans cesse Marcel s'appliquait à distraire ses compagnons, et à les réconforter par quelque salutaire enseignement.

QiKclquefois l'éclat de l'aurore boréale ou l'apparition d'une étoile scintillante dans les ombres de la nuit, leur donnait une occasion de parler de la grandeur et du nombre infini dos sphères célestes, de ces sphères qui forment la première étude de l'homme.

« Adam et Eve, dit Milton, célébrèrent la création en voyant le soleil se lever au bord de l'Orient, et répandre ses rayons sur la terre virginale '. »

•< Seth et ses descendants vécurent, dit l'historien Josèphe, dans la pratique de la vertu, et on leur doit la science de l'astrologie ■^. » Plus loin, le même écrivain ajoute que Dieu prolongea la vie des hommes antédiluviens, « tant à cause de leur vertu que pour leur donner les moyens de perfectionner les sciences de l'astronomie et de la géométrie qu'ils avaient trouvées ^. » Enfin Josèphe rapporte aussi que le patriarche Abraham observait attentivement le mouvement des astres, et qu'il porta ses connaissances suprêmes de la terre deChaldée dans celle de Chanaan ''.

Marcel n'aurait pu expliquer, comme Herschel ou Arago, cette science sublime qui d'âge en âge a occupé plus que toute autre la pensée de l'homme, et glorifié les plus hautes intelligences. Il ne la connaissait pas même assez pour pouvoir en faire l'histoire et en décrire les progrès. Il n'en avait que quelques notions élémentaires et une sorte d'intuition qui exaltaient sa nature poétique. Dans les rêves de sa jeune et ardente imagination, tantôt il se plaisait à songer, comme Kléper, que les planètes exécutent comme un concert éternel dans les espaces infinis ; tantôt, comme le mysti(jue Swedenborg, il peuplait les astres de plusieurs myriades d'esprits surnaturels ; tantôt il voyait là les difTérenls cercles où l'àmc humaine doit monter de degré en degré par une longue suite d'épreuves et d'épuration ; tantôt enfin il en venait à croire, avec le

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