II. — L'ALBUMINE
1° D'où elle provient.
On peut trouver dans les crachats deux sortes d’albumine : 1° La sérine d’une part, albumine provenant du milieu inté- M rieur (par exemple sérum sanguin), soit par transsudation de | celui-ci, ou de liquides albumineux de l’organime tels œdèmes du poumon, épanchement pleural; 2° La globuline, qui peut tirer son origine soit des éléments du sang, soit des one Aie cellulaires fixes du poumon altéré.
2° Processus différents d'élimination de l’albumine. 04 Dans quelles expectorations pourra-t-on en trouver?
Nous avons pu très aisément indiquer d’où proviennent les , 5 fibres élastiques trouvées dans les crachats des tuberculeux, 4 étudier leur constitution et déterminer par le raisonnement ÿ dans quelles expectorations on peut les rencontrer. Nous souhaiterions pouvoir en faire autant pour l’albumine. FE
Malheureusement, les conclusions des auteurs et les résul: tats de nos propres recherches sont si variables suivant les for- k É mes de tuberculose, que nous sommes tenu pour le moment d'indiquér seulement les opinions courantes. Nous reprendrons cette question dans la suite de notre travail sous le même titre.
a) LA RECHERCHE DE L'ALBUMINE ET LE DIAGNOSTIC DE LA TU- +
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BERCULOSE. — Wanner considère que la tuberculose présente Ts toujours des quantités dosables d’albumine. D'autre part, des Der.
traces d’albumine dosées par la méthode des pesées existeraienf dans presque toutes les bronchites chroniques.
Roger et Lévy-Valensi pensent que leur « albumino-réac- 5 tion » peut servir au diagnostic de différentes affections pulmonaires : la tuberculose toujours (la présence d'albumine
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dans les crachats des tuberculeux est, d’après eux, constante). k la broncho-pneumonie, la congestion aiguë, les accidents bron. à chitiques des féphrites et des cardiaques asystoliques. Par contre, pour eux, l’albumine est toujours absente dans les - bronchites aiguës et chroniques banales..
à Bezançon et de Jong constatent que les adtions de la ; quantité d'albumine sont bien en rapport avec l'œdème pulmonaire «dans les bronchites albuminuriques et les catarrhes piluiteux, Dans le catarrhe pituiteux vrai, ils ne trouvent pas : d'albumine. Par contre, c'est dans l'œdème pulmonaire et à la pneumonie qu'ils en trouvent la plus grande quantité. 4 Goggia, cependant, dans deux cas de tuberculose à ba cilloscopie positive, a trouvé deux réactions négatives, et cinq réactions positives dans cinq bronchites non tuberculeuses. Remlinger a eu des résultats discordants chez des soldats aiteints de réactions aiguës légères des voies respiratoires. Bezancon et de Jong ont rencontré deux réactions négati- 3 ves dans deux cas, l’un à la veille d’une hémoptysie, l’autre: | avec bacilloscopie positive.
Nous empruntons à MM. Bezançon et de Jong leurs conclu: sions :
LS De l'avis de tous, une réaction positive a peu de valeur, car = elle s’observe dans tous les cas d’ affection” inflammatoire du poumon. La réaction négative serait plus importante, car elle permettrait d'éliminer le diagnostic de tuberculose. ge IF importe désormais de rechercher | 1° Si l’on peut écarter la tuberculose par l’albumino-réaction négative; je 2° Quelle valeur possède la « présence de traces d’albu- Re nine on :
LES Or, il intervient dans les manipulations des causes fréquentes #2 d'erreur : “ À 1° Les crachats très aqueux, abondants, ne peuvent être ES comparés au point de vue du dosage de l’albumine par litre z aux crachats purulents nummulaires presque secs. Cette notion est fondamentale et les meilleurs auteurs l'oublient trop sou-
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vent. Is pensent trouver un correctif en conseillant de décanter, pour l’éliminer, le produit aqueux de l’expectoration. Outre que l’eau aura imprégné auparavant, le crachat et dans de fortes proportions, diluant déjà l’albumine, peut-on dans toutes les expectorations séparer par un procédé quelconque les matières semi-solides des matières fluides et se baser sur cette séparation arbitraire ? 5
2 La mucine insuffisamment précipitée par l'acide acétique, peut précipiter en même temps ou même à la place de
l’albumine absente.
3° Le titre de la solution d'acide acétique employée a une grande importance. Seule la solution à 3 p. 100 et au-dessous ne précipite que la mucine.
4° Les gouttes de cette solution, ajoutées au crachat, sont à évoluer en volume pour le résultat final. Il est évident que si l’on part de 3 centicubes de crachats, auxquels on ajoute
‘3 centicubes d’eau, puis 1/2 centicubes de solution d'acide acé-
tique, ne pas tenir compte de cette dernière fausserait les résultats du dosage de l’albumine par litre
5° I1 faut rendre le milieu à peine acide avant le dosage (Wanner), sinon l’albumine ne précipiterait pas. Or la quantité de mucine contenue dans certains crachats muqueux demande quelquefois une quantité notable de solution acétique pour être précipitée.
6° Avant une recherche simple de l’albumine, ou un dosage par la chaleur, il importe d'ajouter un peu de chlorure de sodium. L’albumine, dans un milieu privé ou presque d'électrolyte ne coagulerait pas. |
7° Les albumoses provenant par exemple des’ débris cellulaires sont des causes d'erreur. Ils précipitent à 60 degrés dans une solution faible de chlorure de sodium Ce trouble se produit à une température plus basse quand il y a dès acides ou du
sel en petite quantité. D'ailleurs, l'acide nitrique proposé par
Lesieur et Privey, l'acide acétique et le ferrocyanure de potassium proposé par Roger précipitent les albumoses. * b) LA RECHERCHE DE L'ALBUMINE ET L'ÉVOLUTION OU LE PRO-
nt EME
NOSTIC DE LA TUBERCULOSE. — Daremberg, dans sa thèse, pense que l'étude chimique de la phtisie peut servir non au diagnostic mais à préciser l'évolution de celle-ci. L'expectoration élimine l'albumine comme l'urine excrète les phosphates et les chlorures. Cette élimination serait liée à la notion de la dénutrition toujours grande des tuberculeux.
Wanner a constaté que les cas où l’albumine était la plus abondante étaient des tuberculoses à marche aiguë.
Après injection de tuberculine, Smolianski a observé la réapparition d'une albumino-réaction positive, alors qu'elle était négative chez un tuberculeux considéré comme guéri.
Levy-Valensi, dans son étude du Journal médical français, prétend, avec beaucoup d’autres, que la quantité d’albumine est augmentée selon le degré et l’acuité du processus et diminue inversement. Pour lui, l'albumine de l'expectoration, ce
qu'il importe aussi au plus haut point de savoir, n'est pas
d’origine sanguine, où tout au moins uniquement sanguine,
| elle résulte de la destruction du parenchyme.
On a cru d'autre part que la présence de sérine était en rapport avec un pronostic plus grave que celle dè la globuline (?).
Utéoskaïa (Contribution à l’ ÉoRe des crachats tuberculeux, in
Vratchebnoïé Delo, t. IX; n° 7, 1916, p. 717) constate que, dans les formes légères de ee pulmonaire (états cirrhotiques et nodulaires stationnaires), la quantité d’albumine varie entre 6,05 et 0,79 p. 1.000. En cas de lésion grave, la quantité d’albumine augmente pour atteindre en moyenne 9,58 p. 1.000. Dans la tuberculose exsudative on trouve 8 p. 1.000 d’albumine. a
Conclusion. — Nous pensons qu'il est très prudent de se rallier à l'opinion de MM. Bezancçon et de Jong auxquels nous avons déjà emprunté une partie de ce qui précède :
Il y a trop de raisons bien diverses pour expliquer la présence de l’albumine dans la plupart des expectorations pour ne
pas enlever une certaine valeur à cette méthode.
Une expectoration est le résultat d’une réaction inflamma-
toire. On ne peut donc comparer, comme le fait Daremberg,
Berchon - $ se
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un érachat à une urine, car il existe une excrétion urinaire normale, non inflammatoire, tandis qu’un crachat est toujours un exsudat pathologique.
Les recherches de Wannér et des anciens ‘auteurs re ent que la présence de l’albumine est banale dans les crachats et ne peut fournir d'élément sûr pour le diagnostic de la tuberculose.
Les observations'de MM. Bezançon et de Jong montrent enfin que les exsudats « séro-albumineux » colorés par le bleu de Unna, visibles seulement dans certaines maladies, constitueraient un élément de diagnostic et de pronostic plus sûr et plus fidèle dans la tuberculose. Ils en ont constaté sur leurs lames dans les seuls cas de formes aiguës et de poussées évoluti ives au cours des formes chroniques.
Le rapport entre l’albumino-réaction des crachats et la constatation des exsudats séro-albumineuxsur les lames est difficile d’après eux à préciser. Peut-être est-ce une question de quantité d’albumine, car on trouve des exsudats séro-albumineux dans les cas où la réaction chimique de l'albumine est très forte.
Nous renvoyons à leur Traité de l’éxamen des crachats pour une étude plus complète de cette question.
3° Historique des recherches chimiques qualitatives et quantitatives de l'albumine.
Comme la recherche des fibres élastiques, celle de l'albumine dans les crachats des tuberculeux avait pris une très grande importance avant la découverte du bacille acido-résistant. | |
La thèse de Daremberg (De l’expectoration dans la phtisie pulmonaire, thèse Paris, 1876) signale que Féréol et Leprince avaient constaté avant lui en moyenne 3 p. 100 d'albumine dans les crachats tuberculeux. Caventou y trouvant 137 p. 1.000 de matières animales et de phosphates expliquait par la désassi- Milation l’état de maigreur, la consomption des phtisiques. Daremberg conclut que le dosage d’albumine dans la phtisie
an
5 peut servir, non en diagnostic de cette affection, mais surtout | à préciser l’évolution et le pronostic, comme nous l'avons déjà dit. | | 4° Procédés divers de recherche de l’albumine. Examens et dosages.
a) MÉTHODE DE BIERMER. — Ajouter de l’eau aux crachats, | . mélanger, décanter, filtrer, acidifier, puis précipiter l’albumine 4 | par la chaleur. Si la réaction se produit, la vérifier par l’acide
sulfurique et par le ferrocyanure de potassium.
b) Mévaong pe RENK. — Il étudie la quantité d’albumine par la méthode des pesées.
c) Méreope DE Wanner (1903). — Il sépare | 1 mucine en la précipitant par l'acide acétique à 3 p: 100, seule solution qui n’altère pas les albumines dissoutes. Il filtre. Avant de précipi-
L ter l’albumine par le chaulfage, il ajoute de la lessive de soude jusqu’à réaction acide faible et un peu de chlorure de sodium.
Puis il fait un dosage par la méthode des pesées en coagulant l’albumine contenue dans le filtrat par la chaleur, après avoir
lavé Je précipité sur le filtre à l’eau chaude, puis à l'alcool ét
à l’éther. : :
d) ALBUMINO-RÉACTION DE RocEr ET LÉvy-VALENSI. — Crachats et eau P. E. Mélanger. Coaguler la mucine en n ‘ajoutant que
1 à 2 gouttes à la fois de la solution acétique à 3 p. 100 avant
chaque filtration. Filtrer. Dès lors on peut employer un procédé
de recherche de l’albumine semblable à ceux de l'urine : Chaleur. Ajouter toujours un peu de chlorure de sodium. Ferrocyanure de potassium en solution saturée donpe pour une goutte en milieu acide un trouble.
Tube d’Esbach (Smolizanski, utilisé également par le pro-
fesseur Bezançon). k > , Méthode par floculation semblable à celle du liquide céphalo- - rachidien, celle que nous avons adoptée.
Lesieur et Privey dosent, après les manipulations préliminaires ci-dessus énoncées, par l’acide azotique versé goutte à goutte, comme pour la réaction de Heller dans les urines : à la surface de séparation des deux liquides, on obtient un liquide
2 04 = Ses Î , <
bleuâtre pour des traces d’albumine, un disque nuageux en cas d'albumino-réaction nette, un anneau épais d’albumine rétractile pour une albumino-réaction intense. 2
On a cherché à séparer la sérine de la globuline par le sulfate de magnésie à saturation à froid. Mlle Wourman, élève de Roger, et Smolianski, ont particulièrement pratiqué cette méthode, qu’on doit attribuer à Hammarsten. Elle est basée sur l’insolubilité de la globuline par adjonction de uAe de magnésie en solution saturée.
Enfin, on à employé la méthode des -pesées qui est longue, mais de toutes la plus précise. :
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5° La technique de dosage à laquelle nous nous sommes ralliés.
Il est évident que la simple recherche de l’albumine est insuf- fisante. Le dosage est nécessaire. Une méthode rapide, pratique, à l'usage de tout médecin était à rechercher. Nous avons tenté avec insuccès la méthode d’'Esbach, les graduations du tube demandent un volume de crachats supérieur à celui que nous pouvons obtenir des malades à l’état de fraîcheur: Voici : la méthode par floculation employée, inspirée surtout, ro aux préliminaires, de celle du professeur Roger : SE
a) Choisir des expectorations fraîches, contenues dans un ne crachoir sec et dépourvues de substances albumineuses étranpères. On doit attendre que les crachats ne soient même plus … | sanguinolents pour les examiner. 11 faut, d’autre part, 6H." miner toute expectoration contenant de la salive en excès où des sécrétions rhino-pharyngées. « LS HS Se
b) Mesurer la quantité de crachats à examiner et Verser 24210) celle-ci dans un verre à pied avec une égale quantité d’eau distillée. Mélanger très intimement. avec un agitateur ou dans un flacon contenant des perles de verre jusqu'à consistance liquide homogène. |
c) Eliminer la mucine en la précipitant par l'addition d’une solution d'acide acétique au 4/5. On peut d'emblée verser géné ‘alement dans le verre autant de gouttes qu'il contient 2 de centicubes de crachats. Remuer et filtrer sur double papier #0
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