I. A i.ooo mètres d'altitiule, près de la Bastide (Lozère
LA SÉRICICULTURE 3 1
présente un intérêt considérable. Nous disions plus haut que certains éleveurs de l'Ardèclie transportaient leurs graines dans des chambres froides situées sur une montagne.
Un spécialiste, M. Mozziconacci, directeur de la station expérimentale d'AIais, dit à ce propos :
(( La conservation de la graine ne présente aucune difficulté jusqu^à la fin du mois de janvier, car, placée dans un local aéré et modérément sec, elle peut supporter, sans en être incommodée, toutes les variations de température qui se produisent pendant Thiver. Mais, à partir de février, il n'en est plus de même ; il faut la mettre à l'abri de ces alternatives de chaud et de froid, (jiit lui sont extrêmement préjudiciables, en la conservant dans un endroit dont la température ne s'élève jamais au-dessus de 7 à 8"" centigrades, sinon les vers issus de cette graine seront chétifs et très prédisposés aux maladies. »
Or on ne trouve pas toujours de locaux assez froids qui, cependant, sont absolument indispensables pour assurer la bonne 'qualité de la graine. Les assemblées départementales et communales, les syndicats agricoles et les sociétés d'agriculture devraient apporter toute leur attention à cet état de choses et favoriser l'établissement et la répartition de plusieurs chambres d'hivernation, où les éducateurs déposeraient leurs graines jusqu'au moment de la mise en incubation.
L'Italie possède des chambres construites dans ce but. Une des plus remarquables est celle qui a été établie^ en 1878, par M. Susani, à Rancate, près Albiate. On y conserve, tous les ans, au moins 60.000 onces de graines, dont le succès est des plus satisfaisants.
Mon regretté maître, Eugène Maillot, s'exprimait ainsi, au sujet de ces chambres d'hivernation :
(( Nous ne possédons, en France, aucun grand établissement d'hivernation qui soit installé comme ceux d'Italie. On peut refjretler^ ccriainement, que nos départements séricicoles ne soient pas pourvus de locaux ou rhaque éleveur puisse entreposer ses graines Jusqu^ni jour où il lui convienne de s en servir ^ »
Il est à peine besoin d'insister sur l'intérêt de ces ob-r servations : un des obstacles — et peut-être le principal (pie rencontre le sériciculteur, c'est la difficulté d^obtenir un profit suffisamment élevé. La mauvaise qualité (les graines réduit précisément le bénéfice en diminuant la production de cocons. Le poids de ces derniers peut varier de 25 à 60 kilos par once (26 gr.) de graine ! L'installation de chambres froides est donc un des [progrès à réaliser, et l'on ne saurait mieux faire, en France, (pie de suivre à cet égard les conseils autorisés de M. Mozziconacci.
La sélection des r/rainès.
La graine ne doit pas seulement être conservée avec soin et soumise pendant l'hiver à l'action d'une basse température sans discontinuité ;'une des principales préoccupations de l'éleveur doit être celle d'employer des graines saines^ capables de donner naissance à des vers exempts de maladies.
Deux de ces maladies sont héréditaires et ne peuvent être combattues utilement que j^^ar une sélection rigoureuse des œufs destinés à la reproduction.