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I. Laines brutes peignées et déchets

320 LA LAIINE ET AUTRES FIBRES d'oRIGINE AMMALE

développement considérable de l'offre aussi bien que des conditions spéciales de la production lainière dans les pays neufs.

Nous remarquons, toutefois, que les quantités produites et exportées s'étaient également accrues de i85o à 1874? sans que la baisse des prix eût été la conséquence immédiate et notable de l'augmentation des offres. Nous avons montré plus liaut que de i85o à i865, notamment, c'est-à-dire pendant quinze ans^ les importations s'étaient élevées, en France, de 17 à 67 millions de kilos, tandis que leis cours des laines indigènes montaient au lieu de s'abaisser. Nous avons prouvé également que les entrées de laines en Angleterre passaient de 97 millions à 178 millions de Lb. durant la même période (i85o-i8G5), sans que le cours de la laine Lincoln cessât de monter.

Sans doute les prix fléchissent ou plutôt oscillenl en France, depuis i865 jusqu'à 187/i ; ils s'abaissent, il est vrai, un moment, mais ils se relèvent ensuite, comme le montrent nos graphiques, et les cours anglais restent stationnaires au lieu de suivre le mouvement ascensionnel qui les entraînait auparavant à un niveau toujours plus élevé. On ne peut pas se dispenser de constater et de signaler le contraste observé entre la marche des cours avant 1876 et les variations caractéristiques que nous avons étudiées après cette date.

La baisse, qui est le phénomène saillant et le trait particulier de la période 1875-1900, ne saurait être expliquée uniquement^ et exclusivement ^ par le développement de la production lainière. La demande s est développée ^ d^ailleurs, dans la même mesure que Vêle-

( ijiAi»iJi(^)( i: — \ arialioii>^ des iiu[)()r(al ions de laines en France

et prix de la laine (i 875 - 1 <)Oo.)

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vage et C exportation des grands pays producteurs, I/accroissement général et incontestable de la richesse a augmenté les besoins de la consommation, élargi les débouchés oiYerts à l'industrie textile. L'influence exercée par une demande sans cesse plus active aurait dû logiquement soutenir les cours et contribuer à leur fixité, comme on la observé de 1850 à 1865 ou même jusquà 1875. La marche des prix est cependant tout à fait difTérente durant les vingt-cinq dernières années du xix"* siècle. La baisse est brusque, rapide, continue, et ces traits caractéristiques rappellent ceux que nous avons notés en étudiant les variations de prix pendant la période 1820-1800. Sans identifier les faits constatés, il est indispensable de les rapprocher, d'en comparer la marche, et, en quelque sorte, la physionomie spéciale. La période i820-i85oa été, en elTet, marqviée par une baisse très générale du ])rix des produits du sol, par une crise agricole douloureuse. La période 1 875-1 900 est caractérisée par les mêmes phénomènes économiques. C'est ce qu'il nous reste à montrer pour rattacher les fluctuations du prix des laines depuis vingt-cinq ans à un ensemble de faits qui les expliquent et éclairent toute discussion.

La baisse des prix. — 11 est bien certain que le développement rapide de la production et l'abaissement des prix de transport expliquent dans une large mesure * la baisse du cours des céréales, du bétail, des graines

I. Voir à ce sujet les deux ouvrages couronnés en 1899 par TAcadéraie des sciences morales : La Crise agricole ^ par M. ^I. Ronce et D. Zolla.

Voir notanimeiil : La Crise agricole par D. Zolla, i vol, chez Masson i9o'i.

LE COMMERCE DES LAINES

oléagineuses ou des textiles après 1875. Les mêmes causes exerçaient, toutefois, une influence certaine avant cette date, sans que les cours en fussent visiblement affectés. A partir de 1876 et de 1880, les prix des produits agricoles diminuent brusquement et une crise se déclare. La baisse affecte plus particulièrement le cours des produits végétaux, celui des céréales notamment. C'est déjà ce que l'on avait observé après 1820. Le rapprochement est même curieux à établir :

Prix du blé en France par liectolitre.

fr. c.

Durant ces deux périodes 1 820-1 85o et 1875- 1900, les importations ont été frappées par des droits protecteurs ^. Néanmoins les cours sont moins élevés que durant la période 1850-1875 qui a été marquée, au moins à partir de 1860, par une exemption presque totale des droits de douane frappant les blés étrangers à leur entrée en France.

Sans nul doute, répéterons-nous encore, il s'agit ici de rapprochements curieux et instructifs, d'analogies et non de similitudes. Les conditions de production et de transport ont changé^ et la période i820-5o ne saurait être identifiée, à cet égard, avec la période 1876-1 900. Il y a, cependant, un parallèle à établir entre elles et

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