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LES EISGOLRAGEMEMS OFFICIELS AL POI^T DE VUE FLNANCIEU

ET TEGHiNlQLE.

Dans un précédent cliapilre nous avons montré que la production séricicole, brusquement réduite des quatre cinquièmes par la pébrine, ne s'était relevée qu'avec une extrême lenteur, sans jamais atteindre depuis cette époque le niveau auquel elle était parvenue.

Le poids de cocons frais récoltés en i853 s'élevait a 26 millions de kilogrammes ; il n'a pas dépassé par la suite le chiure de 16 millions (186G) et variait de 8 a 9 millions entre 1880 et 1890.

Au moment où fut disculée la question du remaniement complet de notre tarif douanier (1890-91), les sériciculteurs, les moulineurs et iilateurs réclamèrent une protection douanière eiïicace au nom des principes dont on voulait faire l'application générale à l'Agriculture aussi bien qu'à l'Industrie.

Les réclamations de l'industrie de la soie furent aussi vives qu'elles étaient justifiées. L'intérêt, la vie même du tissage ou de la fdature exigeaient l'importation libre de la matière première, c^est~à-dire des cocons et des grèges. Toute élévation du prix de ces marclian-

T . Voir page Sy.

LES ENCOURAGEMENTS OFFICIELS [ f f

dises ne pouvait que porter un coup funeste à des industries qui trouvaient leur principal débouché cà l'étranger et y rencontraient des concurrents.

Les 8 ou 9 millions de kilos de cocons produits en France ne représentaient, au prix de 3 à [\ francs par kilo, qu'un produit brut de 3o à 35 millions de francs, tandis que l'industrie de la soie exportait pour 200 à 270 millions de francs de tissus de toutes sortes, sans compter i3o à 1/40 millions de soies ouvrées dont le commerce eût été entravé visiblement par une législation douanière prolectrice et tracassière.

Pour donner, cependant, satisfaction aux sériciculteurs et masquer l'oubli des principes, la majorité protectionniste du Parlement décida qu'il serait attribué aux éleveurs des primes spéciales par kilo de cocons récoltés, et que, d'autre part, les moulineurs-filateurs directement concurrencés par l'étranger recevraient également des subventions.

La loi du II janvier 1892 fixait la prime à o fr. 5opar kilo de cocons frais, et le même texte accordait aux fdateuis une autre prime « à la bassine » ainsi graduée :

100 francs par bassine à deux bouts ;

200 francs par bassine à plus de deux bouts ;

200 francs par bassine même à un bout pour la fila^ ture des cocons doubles.

La durée de l'application de cette loi ne devait pas dépasser six ans ; mais une nouvelle loi, celle du 2 avril 1898, éleva la prime accordée par kilo de cocons, la porta à o fr. 60, bien loin de la réduire, et modifia simplement le régime des subventions à la filature.

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