II.O
i^UT-i)^"^
ao.3
:io.7
Un premier fait d'une très grande importance est mis en relief par ce tableau : nous voulons parler de l'état presque stationnaire, depuis douze ans, de la consommation des soies en Europe, et au contraire du développement extraordinaire de l'utilisation industrielle de cette fibre aux États-Unis. Ce pays a plus que doublé ses achats — car il produit lui-même des quantités presque négligeables — entre 1895 et 1907-!
En poussant plus loin l'analyse, on peut déterminer les quantités consommées dans divers pa;^^s d'Europe et les comparer soit entre elles, soit aux chiffres qui se rapportent à l'utilisation de la soie aux Etats-Unis.
Ce tableau permet immédiatement de noter l'importance de la consommation de la soie dans les divers
r,A PRODUCTIOxN UNIVERSELLE DE LA SOIE l/iQ
pays qui uliliscnt cette matière première industrielle. Il est dès lors possible de classer ces nations au point de vue fpii nous occupe ici. Le développement extraordinaire de l'industrie de la soie aux États-Unis j^lace depuis deux ans ce pays en tète de la liste.
En seconde ligne, longuement distancée par l'Américpie du ^ord, mais l'emportant à son tour sur tous ses rivaux, la France doit être placée.
En troisième ligne se classe l'Allemagne.
La Suisse et la Russie, malgré l'extraordinaire différence de leur population et de leur étendue, emj)loient à peu près les mêmes quantités.
L'Italie ne vient qu'au sixième rang, et au septième se classent FAutriche- Hongrie et l'Angleterre.
En calculant les moyennes relatives aux dix années 1907- 1898 pour chaque pays, voici, d'ailleurs, les chifTres obtenus. Dans une deuxième colonne nous les avons calculés de façon à exprimer la fraction 0/0 que présente la consommation de la nation correspondante par rapport au total général.
Consommation moyenne de la soie durant la période 1898-1007 .
Chiffres absolus Cliiffies relatifs
Etats-Unis 5.7G0.000 "^So
France /, . 080 . oo( > m . /j 7 —
Allemagne r^.Sôo.ooo 10.00 —
Suisse 1.580.000 8. 4 a —
Russie i.aao.ooo G./Ja —
Italie (jSo.ooo 5.i0 —
Angleterre *7V>.o<)o -Î-OO —
Autriche-Hongrie .... 720.000 3.70 —
Levant, Afrique, pays divers. éôo.ooo 3.4^ —
Inde; 3 10. 000 i.()3 —
Espagne i Go. 000 0.88 —
LA SOIE
Un aulrc fait est mis en évidence par le tableau précédent. Il est clair, en effet, qvie la consommation des pays industriels n'a pas de rapport même éloigné avec la production des cocons. Les Etats-Unis consomment (les quantités énormes de soie, et produisent très peu de cocons. L'Italie, à l'inverse, produit beaucoup de cocons et de soies grcges^ mais vend la plus grande partie de sa récolte annuelle parce qu'elle n'en consomme pas le tiers dans ses manufactures. Toutes les nations de l'Europe doivent demander au Levant, et surtout à l'Extrême-Orient, une fraction de leur consommation, car les pays ^producteurs de soie, comme l'Italie et la France, sont obligés de se procurer par l'échange les qualités spéciales dont elles ont besoin, ou de multiplier leurs approvisionnements.
Celte nécessité de pourvoir par des achats aux consommations indvistrielles des grands pays manufacturiers doit nous faire prévoir que le commerce de la soie offre un intérêt considérable et porte sur des valeurs énormes.
Nous allons précisément étudier la nature et le mécanisme de ces opérations dans un chapitre spécial.
LE COMMERCE DE LA SOIE
Les marchés de la soie.
Les grands pays producteurs de soie comme l'Italie en Europe, l'Asie Mineure, et surtout la Chine et le Japon en Extrême-Orient, n'utilisent pas, à beaucoup près, toutes les quantités de soie qu'ils récoltent. D'autre part, les débouchés ouverts à cette fibre dans les pays riches et d'industrie active sont immenses. Il est donc naturel, comme nous le disions dans un précédent chapitre, qu'un courant d'échanges se produise. Le commerce de la soie est du reste localisé comme celui des laines, du coton, des graines oléagineuses, et pratiqué sur certains marchés. Les places de commerce sont parfois en même temps des villes industrielles, ou les centres d'une région dans laquelle la soie est travaillée, façonnée, transformée de toutes façons. Tel est le cas notamment de Lyon en France.
D'autres places sont surtout des emporta, des entrepôts et des ports, où s'accumulent les soies venues de l'intérieur ou de l'étranger pour y être embarquées, et ensuite réexpédiées dans tous les pays de consommation. Shanghaï, Canton, Yokohama, sont à la fois des ports et des entrepôts.
LA SOIE
Milan a beaucoup d'égards peut être assimilé à ces grands emporia de rExtrême-Orient, parce que les soies d'origine italienne s'y accumulent et qu'en outre des réexpéditions — portant sur les soies nationales on iniportées de Tétranger — assurent ultérieurement la répartition de ces stocks entre les régions européennes de l'industrie de la soie.
NeAV-\ork et Londres sont des grands marchés d'importation et de transit. New- York alimente l'industrie manufacturière soyeuse qui a pris un si rapide développement depuis quinze ans.
Londres a longtemps été le grand entrepôt des soies asiatiques qui étaient ensuite exj^ortées dans l'Europe entière et aux États-Unis, de telle sorte que la place de Londres u contrôlait » — selon l'expression consacrée — tout le commerce d'importation et de transit des soies d'Orient ou d'Extrême-Orient.
Enfin divers marchés locaux existent dans des centres industriels et dépendent fort souvent pour leur alimentation soit de la production locale, soit des grands entrepôts dont nous avons parlé.
Nous voudrions pouvoir citer, à propos des marchés de la soie, les chiffres se rapportant uniquement à la soie grège, c'est-à-dire en définitive à la matière première par excellence. Malheureusement les statistiques dont nous disposons — les seules qui existent d'ailleurs — se rapportent en même temps aux grèges et aux soies ayant été moiiUnécs et constituant soit des trames, soit des organsins. Néanmoins les relevés que nous allons citer sont surtout relatifs aux grèges, et donnent par conséquent une idée exacte du mouvement des échanges portant sur ces dernières.
l i: COMMKUCE DE LA SOIE
^ oici uii double lableaii ^ qui indique les principaux marchés soit de production, soit de consommation et de commerce. Les chiffres placés dans les colonnes iqoi- iqoosc rapporlenl aux quantités sur lesqnc^lles le commerce a porté :
Milliers do kilos
I < )oii
1 (joli
1 (jo4
ujob
Extrême-Orient
Shanghaï
(Exportation) .
. Goo
< Canton
Yokohama — ...
'\ . âoo
Calcutta
Europe. — Italie
Milan (condition).