‹ Les fibres textiles d'origine animaleChapitre 35 sur 122 · I. Recensement décennal de · texte numérisé non relu

I. Recensement décennal de

Graphïql'e 5. — La Pro^hu Hon totale et la consommation de la soie en Europe et aux États-Unis.

LE COMMERCE DE LA SOIE l^Çj

depuis quelques années, les quantités de soie importées aux Etats-Unis.

Consommation de la soie en Europe et aux États-Unis (années

commerciales).

Millions do kilos

Etats-Unis

Eu rope

IQOO-I90I.

igoô-igoO.

Il est à peine besoin de faire remarquer que la consommation américaine grandit tandis que l'Europe voit les chiffres correspondants de son commerce rester stationnaires.

Le marché de Milan a pris depuis trente ans, et spécialement depuis 1892 j une ampleur et une aclivilé hors de pair. Il est devenu une place de transactions inLernationales comme Lyon.

Milan voit passera la condition ^ des soies : 8 milhons de kilos en 190 1 ; 9 millions de kilos en 1902 ; 8 millions de kilos en igoS; 9 millions de kilos

I. Nous avons dit plus haut que la « condition » est un établissement où l'on analyse les soies et où Ton contrôle leurs qualités à tous égards pour servir de garantie aux acheteurs.

LA SOIE

on 1904 ; [) millions de kilos en 1900 ; 10 millions de kilos en 190G ; 10 millions de kilos en 1907.

Deux raisons expliquent ce développement d'après M. Marins Morand, secrétaire de la Chambre de commerce de Lyon.

(( La primauté de Milan remonte à la loi douanière française de 1892, (pii, tout en respectant la franchise des soies grèges ou des cocons à Timportation, a établi un droit de 3 francs par kilo sur les soies ouvrées et a ainsi déloiirné de Lyon non seulement les grosses quantités de soies ouvrées italiennes qui arrivaient sur la place française, en quête d'acheteurs français, suisses, allemands et anglais, mais encore les soies de Chine destinées aux moulinages italiens restés maîtres pour l'ouvraison de ces provenances. »

La seconde cause du développement des transactions sur le marché aux soies à Milan est l'importation de ])lus en plus considérable des soies asiatiques. La progression des quantités « conditionnées » sur la place italienne est extraordinaire.

Yoici les chiffres :

Condition (h* Milan.

Milliers

de balle*

5 de soitvs

asiatiques

d'Europe

Total

Tussali comprises

Levant

io3. 1

Depuis 1892, une partie des expéditions d'Extrême- Orient est dirigée directement sur Milan par les stea-

LE COMMERCE DE LA SOIE

mers des Messageries maritimes, ceux de la C'"" j)eninsiilaire anglaise qui abordent à Marseille el à Brindisi, et par ceux de la C'*" allemande de Norddevitsclier Lloyd de Brème qui, depuis 1887, louchent à Gènes.

Notons bien, toutefois, que ces soies appartiennent le plus souvent à des maisons lyonnaises qui les envoient directement de Shanghaï, de Canton, de Yokohama et de Calcutta à leurs comptoirs de Milan.

Tel est le cas pour les soies vendues en mer (au cours du voyage) ou à livrer à destination de Zurich, Baie, Crefeld, Elberfeld, plus à portée de Milan que de Lyon par le Saint-Gothard, et depuis hier par le Siniplon.Très souvent même les importateurs lyonnais dirigent sur Milan une partie de leurs arrivages même invendus, en vue des acheteius éventuels non seulement de la Suisse et de l'Allemagne, mais encore de T Autriche et de la Russie. Le moulinage italien est, en elVet, resté en possession, pour l'ouvraison des soies de Cliine notamment, cVune supériorité incontestable et incontestée, et c'est la raison pour laquelle la capitale delà Lombarclie a constitué chez elle un marché, il serait plus vrai de dire, un grand entrepôt de ces provenances ; car, ainsi qu'on vient de le dire, les soies restent, de l'autre côté des Alpes, en immense majorité, la propriété des maisons lyonnaises, qui en disposent à leur gré ^.

(( Ce qui fait la prospérité du marché milanais pour les soies asiatiques, c'est donc son industrie du moulinage, infiniment plus importante en Italie qu'elle ne l'est en France ^. Alais il en est redevable encore

I. Voir : Le Commerce des soles de Lyon, par M. Morand, déjà cité. 3. Malgré les primes énormes accordées par les lois interventionnistes et protectionnistes depuis 1892.

et surtout à la progression des récoltes soyeuses de la Péninsule- progression beaucoup plus importante que ne l'indiquent même les statistiques de V Associazione délie se le.

(( Cela est si vrai que le conditionnement de MiJan (pour des soies presque toutes italiennes) a passé de 2.7/47-000 kilos en 1890 à 6, 3i5. 000 kilos en igoS, et que l'excédent des exportations sur les importations de soie est monté de 4 millions de kilos à peine en 1890 à 6. 633. 000 kilos en 1900.

(( L'ampleur croissante de la production des magnaneries italiennes et l'importance de ses industries du moulinage et aussi de sa filature qui dispute à la fila ture française les cocons du Levant et de l'Asie centrale, voilà donc les deux principales forces du marché de Milan. Mais il n'en reste pas moins que celui-ci n'a réellement une existence autonome et indépendante que pour les soies d'origine italienne. Pour les soies asia-^ tiques, il est resté, sinon complètement, au moins dans une très large mesure, comme un entrepôt du marché lyonnais ^. »

Pour compléter ces observations, nous donnons ciaprès les chiffres relatifs aux mouvements des soies grèges ou ouvrées qui ont été conditionnées (examinées parla « condition ») à Milan depuis 1879 ^.

Il est bien clairement établi que le développement des transactions portant sur les grèges a été beaucoup plus rapide que l'accroissement du conditionnement des (( ouvrées » .

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