‹ Les fibres textiles d'origine animaleChapitre 36 sur 122 · I.E COMMERCE DE LA SOIE · texte numérisé non relu

I.E COMMERCE DE LA SOIE

Milliers (le kilos

gr(*ges ouvrées

Le marché de Lyon possède — nous le faisions pressentir il y a quelques instants — une ampleur extraordinaire, et ses négociants exercent une influence sur les transactions des autres marchés grâce à leurs relations et à leurs Capitaux.

LA SOIE

Le marché de Lyon est d'ailleurs établi depuis fort longtemps ; son existence remonte au xvi^ siècle, sinon plus haut. Jusqu'à la Révolution, les soies consommées en France^ même celles des trois provinces du Languedoc, de la Provence et du Dauj^hiné, — réputées étrangères, — devaient, aux termes de l'édit de ib^o et de nombreux édits qui l'ont ensuite confirmé, être transportées à Lyon pour y acquitter les droits de douane, ensuivant des « routes certaines » , c'est-à-dire des itinéraires dont il n'était pas permis de s'écarter.

Les soies venant d'Italie devaient passer par Suze, puis par Pont-de-Beauvoisin, à partir de (h^ ville

de Suze ayant été rendue au duc de Savoie), et entrer à Lyon par la porte du Rhône, ainsi que les soies du Comtat Yenaissin et les soies des trois grandes provinces qui étaient astreintes à passer par Alontélimar; les soies d'Espagne devaient arriver par \arbonne ou Bayonne et entrer à Lyon par les portes de Saint-Just et de Saint-Georges. Toutes devaient être portées directement au bureau de perception, « sans pouvoir être dépliées ni entreposées » en cours de route, à peine de confiscation.

Les prescriptions de Tédit de François P'' étaient à ce point étroites que durant cent trente ans les soies originaires des trois provinces (Languedoc^ Provence, Dauphiné) — même celles que leurs propres fabriques employaient — devaient être envoyées à Lyon, et c'est seulement en 1670 que, sur les représentations de leur syndic faisant valoir que ce double voyage aller et retour (( entraînait de grosses dépenses de voiture », elles en ont été dispensées, par un arrêt du 3 février.

Ï.E COMMERCE DE LA SOIE

Une exception semblable, ayant ete faite pour les soies cVllalIe ou du Levant arrivant de Marseille, est abrogée par de nouveaux arrêts de 1670, 1 68(3 et 1687, et si, en 1 700, 1 701 , 1 702, Cliamillart, contrôleur général des finances, pemiet aux marchands de jNîmes de tirer directement de Marseille deux cents balles de soie, c'est à titre exceptionnel, afin de suppléer au déficit des récoltes locales et à la condition qu'elles paieront les mêmes taxes qu'à Lyon.

Bien mieux, la des Indes ayant obtenu l'autorisation de faire entrer les soies de Chine et des Indes par les ports de l'Océan, un arrêt révoque cette exception eni7i/i, ^t c'est seulement en 1720 que les soies dites du cru sont dispensées du passage par la douane de Lyon quand elles sont achetées par les fabriques de Tours, de Paris et du Nord.

Le marché de Lyon n'avait qu'un rival, celui d'Amsterdam, qui recevait les soies' des Indes, de la Chine, de la Perse, etc.

(( A cette époque (xvii®-xvni« siècle) , comme le dit M. Morand ^, au confluent du Rhône et de la Saône les soies du monde entier aflluaient. »

Celles de la Sicile, où les marchands lyonnais avaient des représentants, étaient en grande partie dans les mains des Florentins, des Lucquois et des Génois, et arrivaient par Marseille. Les organsins de Messine, dits de Sainte-Lucie, étaient particulièrement estimés. De Milan Lyon recevait des soies ouvrées, de Gênes des grèges, de Bergame et Brescia des organsins^ du Piémont, où la sortie des grèges était interdite, des organ-

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