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LA FILATURE DE SOIE EN FRANCE

Si la chaleur de Teau et la vitesse de rotai ion du dévidoir n'étaient pas combinées, les baves développeraient mal leurs sinuosités. Si un repli était entraîné, il formerait sur la grége un défaut appelé durci si la boucle est simple, et bouchon ou coslc si le paquet est volumineux.

Une soudure mal faite laisse contre la grége une extrémité de bave libre. Ce défaut s'appelle mort volant.

Dans le système de croisure à la Chambon, si un des fils vient à se rompre à la croisure, son extrémité peut se souder à l'autre fd et continuer à dévider avec lui. Cet accident est appelé mariage.

Il faut à l'ouvrière fileuse une grande habileté et une attention soutenue pour éviter les défauts dont il est question ci-dessus et pour rendre la soie grège régulière et de bonne qualité. Une fileuse peut produire 25 à 28 grammes de soie par heure avec le système à la tavelle et seulement 18 à 20 avec le système à la Chambon.

De nombreux perfectionnements ont été apportés aux procédés de dévidage de la soie ; il serait trop long et hors de notre cadre de les décrire. Ils ont tous pour but d'économiser la main-d'œuvre, de perfectionner le travail et d'augmenter la production.

Dans toutes les filatures, on emploie aujourd'hui l'eau ou la vapeur comme force motrice.

Le chauffage était autrefois obtenu par un foyer placé au-dessous de chaque bassine ; actuellement, l'eau chauffée dans une chaudière en dehors de la salle de dévidage est amenée à chaque bassine par des tubes • de cuivre munis de robinets. H y a pareillement une

LA SOIE

dislribulion d'eau froide- et par un mélange convenable rouvriere règle la tempéra tiire.

Le battage peut être fait mécaniquement, et plusieurs appareils appelés jelle-houL font automatiquement le remplacement des cocons épuisés et Tadjonction du nouveau fil de bave. Bien des modèles de tour permettent à une seule ouvrière de surveiller le dévidage de plusieurs grèges et même, comme avec l'ingénieux appareil de M. Léon Camel, jusqu'à lo et 12 groupes de cocons.

UoulilUuje de la Jilalure en France.

Nous emimmtons à la slalislique du ministère du Commerce les indications relatives à Toiitillage des établissements de filature français depuis 1892, époque de l'application des primes dont nous avons parlé déjà à propos des encouragements ofiiciels.

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de la Jilalure de soie

en France

(Aunées 1892

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LA FILATURE DE SOIE EN FUAISt.E

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Eu 1903, le nombre des bassines ne setak pas accru depuis 1890. u II n'y a aucun progrès, » a dit récemment le rapporteur de la 4"" section de la Commission des valeurs de douane.

D'ailleurs, les quantités de soie illees en France u'ont pas augmenté :

Production dr la Jilalure française de la soie ' Années à j()o^).

Aimées Soie française Soie étrangère Totaux

kilos kilos Ivilos

1 89O 775-^87 {^kM 83 f) . () 1 3

LA. SOIE

Celte situation fâcheuse de la filature a du reste été maintes fois exposée, et nous avons cité, dans un chapitre de cet ouvrage, l'opinion du rapporteur de la loi de 1906 qui a prorogé l'application de la loi de 1898 sur les primes ^.

Il est intéressant d'analyser ici les critiques portées contre le système, contre son mode d'application, et contie l'inertie des filateurs de soie.

Les primes, dit-on, ont été instituées à la suite du vote des tarifs de 1892. La filature figurait au nombre de ces industries qui, déjà pevi prospères par elles-mêmes et exclues du bénéfice de la protection douanière, allaient se trouver ruinées par leurs concurrents étrangers du fait de la nouvelle loi. Les filateurs se virent sacrifiés au tissage lyonnais qui réclamait, avec juste raison, la franchise pour le fil de soie : la production nationale ne représente, en elTet, qu'une faible partie des grèges mises en œuvre à Ly on.

En compensation, des primes directes furent allouées à raison de ^00 francs par an et par bassine. Mais on s'aperçut, au bout de quelques années, que les filateurs avaient intérêt à restreindre la production de chacp^ie bassine en y alTectant un personnel médiocre pay é au rabais, de façon à relever autant que possible le taux de prime afférent au kilo de soie produite. Certains de ces industriels peu scrupuleux arrivèrent à toucher ainsi 12 et i5 francs par kilo. Aussi décida-t-on, en 1898, que dans aucvin cas la prime de 4oo francs ne pourrait ressortir à plus de 6 fr. 5o par kilo ^. C'était là^ il

1, Voir notre chapitre v, page iio.

2. Pour les cocons français, et 5,5o seulement pour les cocons étrangers.

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