‹ Les fibres textiles d'origine animaleChapitre 53 sur 122 · LA FILATURE DE SOIE EN FRANCE · texte numérisé non relu

LA FILATURE DE SOIE EN FRANCE

imporle de le retenir, établir le principe du contrôle de la production ^.

Afin de pousser au progrès, la même loi de 1898 décida que la prime ne serait plus désormais attribuée qu'aux bassines filant à plus de 3 bouts, c'est-à-dire produisant au moins /j fils simultanément- Aussitôt toutes les bassines furent équipées à 4 bouts, mais de façon combien rudimentaire I La plupart des fil a leurs se bornèrent à piquer une filière de plus devant les vieilles bassines. D'autres, plus avisés, remplacèrent les bassines rondes par des bassines ovales ou au devant légèrement aplati ; ils élargirent enfin quelque peu leurs dévidoirs. Ce fut là tout leur eftbrt vers le progrès, effort qui se traduisit par une dépense de 20 à 25 fr. par bassine. La production par fileuse et par jour augmenta de 10 à i5 grammes, c'est-à-dire de 5 0/0 environ. En revancbe, la difficulté de travail était sensiblement accrue pour l'ouvrière. De là, pour le personnel, un motif permanent de mécontentement, qui n'a cessé d'aller grandissant, jusqu'à revêtir, ces derniers mois» la forme aiguë d'une grève générale.

Les primes avaient été votées pour 10 ans en 1898^ à raison de 4 millions par an. A quoi ont servi ces 4o millions de francs.^ On est en droitde sele demander, à présent que les intéressés viennent prier l'Etat de leur continuer son appui. Voici les chiffres ; ils sont édifiants :

1898. . nombre de bassines 1^.179 production 8^5.383 kilos 190G. . — — 12.180 — 783.796 —

I. Ceci répond à l'objection des adversaires de la prime au kilo, objection d'après laquelle le contrôle de la production serait impraticable.

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tandis qu'entre i8/i6 et 1800 on filait en France pins de 2.000.000 de kilos par an.

A l'étranger, au contraire, la filature ne cesse de progresser :

Moyenne 1880- 1890 ; Asie Mineure et centrale, 3oo.ooo kilos; Italie, /|. 200. 000. Année 1906 : Asie Mineure et centrale, i ./i 00. 000 kilos ; Italie, 6.000.000.

Quelles sont les causes de ce développement ?

Pour l'Asie Mineure et centrale, pays neufs, c'est la régénération de la sériciculture et l'abandon des procédés de filatiu^e primilils.

Pour l'Italie, la réponse se trouve dans un des nombreux rapports de la Commission d'enquête sur l'industrie de la soie en Italie, qui fonctionne sous la présidence de M. Luzzati, ancien Ministre du Commerce et du Trésor. On y lit le passage suivant : « Afin de (( diminuer le coût de production, les lilateurs, avec (( une ardeur admirable dans ces temps si difficiles, se (( soumirent a de fortes immobilisations pour renonce vêler en grande partie le matériel de leurs filatures, (( substituant à leurs anciennes bassines des bassines (( neuves, de production plus Intensive. »

Deux points sont à mettre en lumière :

i"" Comment les Italiens ont-ils été amenés à nio-difier leur outillage et en quoi consistent les progrès réalisés ?

2'' Pourquoi les industriels français ne sont-ils pas entrés dans la même voie que leurs concurrents de l'autre côté des Alpes Pourquoi, seuls dans le monde entier^ sont-ils restés figés désespérément dans leur routine ?

Avant l'institution des [primes, la filature française

LA FlLATUa\E DE SOIE EN FRANCE

se trouvait dans une postiue très défavorable ; notre ouvrière était payée i fr. 5oponr lo heures de travail ; la fileuse italienne gagnait o IV. 76 à i franc pour 1 1 et même 12 heures. De phis, les produits italiens bénéficiaienl, grâce à la perle au change de la monnaie italienne, d'une prime à l'exportation variant entre 10 et i5 0/0.

Le vote des primes renversa la situation. A raison de ^00 francs par bassine pour 3oo jours de travail, la prime ressort à i fr. 33 par ouvrière et par jour. Bien que les salaires aient ete élevés de 1 fr. 5o à i fr. 60 à la suite de la dernière grève^la différence (1.60 — i.33 = 0,27), qui représente pour Findustriel le coût réel de la main-d'œuvre, est infime^ en regard des i franc et I fr. 25 alloués aux fdeuses d^Italie depuis les nouvelles lois sociales. En outre, le change est au pair ; la prime automatique à l'exportation ne joue donc plus. Comment s'expliquer, dans ces conditions, que nos concurrents résistent, luttent, prospèrent, tandis que nous dépérissons ?

C'est qu'une fois passés les premiers moments de désarroi et de découragement, les industriels italiens se sont ressaisis. Après s'être vainement adressés à l'État, ils ont compris qu^ils devaient compter sur leurs seules forces.

Quelques détails techniques sont nécessaires, si l'on veut comprendre et apprécier l'œuvre accomplie on Italie pendant ces dernières années.

Les cocons subissent cinq opérations successives avant d'être transformés en fil de soie :

i"" Dégommage et cuisson dans l'eau bouillante ;

2"" Battage ou brossage pour débarrasser le cocon de l'enveloppe qui l'entoure et qui constitue le frison ;

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