‹ Les Fièvres ExanthématiquesChapitre 27 sur 55 · ADD · texte numérisé non relu

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Qu'on ait affaire au typhus exanthématique épidémique, aux typhus murins, aux fièvres à tiques, c’est toujours le même syndrôme fébrile s'inscrivant dans une courbe thermique très régulière, évoluant en une quinzaine ou une vingtaine de jours, accompagné à partir du quatrième ou cinquième Jour d'une éruption maculo-papuleuse à tendance hémorragique, d’ailleurs faible, et de signes généraux et de tuphos plus ou moins marqués sans lésion organique caractéristique.

Nous ferons remarquer surtout deux faits qui nous semblent des plus frappants :

Il est difficile, d’une part, pour ne pas dire impossible, de trouver une différence clinique quelconque entre le tableau de la fièvre toulonnaise et celui du typhus mexicain; ces deux affections sont parfaitement superposables : à côté de l’identité de leur courbe fébrile et de leurs phénomènes généraux, nous retrouvons le même caractère dans l’éruption qui envahit tout le corps et, d’une façon très remarquable, la paume des mains et la plante des pieds. Nous verrons plus loin que cette identité clinique trouve son pendant dans une identité expérimentale indiscutable.

D'autre part, il n’y à pas non plus de distinction possible entre la symptomatologie de la fièvre exanthématique toulonnaise et de la fièvre boutonneuse de Tunisie : Sans doute, dans la fièvre boutonneuse, on note la présence de la tache noire de Piéri, mais, tout d’abord, cette tache fut retrouvée par Plazy chez deux marins (appartenant, il est vrai, au personnel en service à terre); et si l’on objecte que ces deux marins, qui présentaient absolument par ailleurs le tableau clinique de la fièvre toulonnaise, furent atteints de fièvre boutonneuse, il reste à savoir si l’escarre a vraiment l’importance d’un épisode évolutif dans l'affection, comme on a voulu très longtemps la considérer. Les observations sont multiples, en effet, où cette tache noire ne fut pas retrouvée dans des cas authentiquement « boutonneux », et les auteurs tunisiens notamment furent quelque temps sans l’observer. On a signalé, par contre, des cas fréquents où l’escarre typique, et bien due à

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une tique, ne fut pas suivie de la maladie fébrile avec exanthème. L'escarre ne nous semble donc pas un élément symp tomatique de la fièvre boutonneuse, mais plutôt, selon l'opi. nion de Ponthieu, un témoin de la piqüre de l’acarien. Celuici ne produit d’ailleurs une escarre que lorsque son rostre est resté sous la peau (Cotte). (Pour Combiesco, il est vrai, elle serait bien due au contraire au virus de l'affection.)

Il paraît donc beaucoup plus simple de ne voir dans cette tache noire que la preuve d’un agent spécial de transmission ef non celle d’une distinction à faire entre les virus. D'ailleurs, la fièvre pourprée due à une tique ne présente pas la tache noire.

Comportement sérologique

Si nous nous plaçons au point de vue sérologique et considérons la réaction de Weil-Félix, nous la trouvons positive dans le typhus à poux, positive dans les typhus murins, positive dans la fièvre boutonneuse, positive dans la fièvre pourprée. des Montagnes Rocheuses. La fièvre fluviale du Japon reste présentement la seule de ces fièvres (du moins de celles que nous connaissons bien), où la réaction de W.-F. soit négative.

Faut-il la placer pour cela dans un groupe à part ? Il ne semble pas qu’on doive se montrer aussi absolu quand on songe que la positivité de la réaction dans la fièvre pourprée et dans la fièvre boutonneuse n’est pas de connaissance si ancienne (1929-1932) et que la question en ce qui concerne la fièvre fluviale du Japon ne peut pas être considérée comme tout à fait tranchée.

De plus, si nous considérons le rythme d’agglutination dans ces affections, nous remarquons qu’il se fait toujours de la même façon (typhus épidémique mis à part). Les observations de Plazy, en effet, en ce qui concerne la fièvre toulonnaise coïncident parfaitement avec celles de Maxcy dans la maladie

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de Brill, de Pecori en Italie, de Fletcher et Lesslar en Malaisie, et surtout celles de Durand dans la fièvre boutonneuse.

Cette réaction, qui peut n'être pas toujours positive au cours de la première semaine de la maladie (Perrin, dans le Tabardillo, l’a constatée cependant au sixième jour), le devient en général « au début de Fapyrexie, ou plutôt à l'extrême fn de la période fébrile ». La durée du pouvoir agglutinatif varie de, un à trois mois environ en général.

Sans doute, écrit Plazy, « cette réaction n’est pas spécilique, « mais elle existe et les conditions dans les quelles elle appa- « raît lui donnent une valeur indéniable. » Le fait de la rencontrer positive dans des fièvres dont nous observons déjà l’analogie à plus d’un titre, est un argument de grand poids en faveur de leur rapprochement. |

Comportement expérimental

L'inoculation au singe ne nous retiendra pas longtemps. Elle est suivie, dans tous les cas, d’une maladie fébrile, transmissible en série et immunisant cet animal contre une inoculation ultérieure.

L'inoculation au cobaye est plus importante à considérer; sauf dans le cas du typhus épidémique et de la fièvre fluviale, cette inoculation est suivie également d’une affection fébrile transmissible en série. Mais, en outre, le cobaye présente une lésion. tout à fait spéciale sur laquelle nous voulons insister un peu :

Cette lésion, que Neïll puis Mooser découvrirent les premiers dans le typhus mexicain, consiste en un périorchite caractéristique avec tuméfaction du scrotum et lésion de la tunique vaginale.

Dans le typhus bénin toulonnais, que nous avons vu si comparable cliniquement au typhus mexicain, Marcanidier et Prrot réussirent à retrouver en 1932 cette lésion, en inoculant au cobaye de l’émulsion cérébrale de rats blancs infectés.

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Maxcy, pour la maladie de Brill; Anigstein, pour le typhus tropical de Malaisie, firent des constatations analogues.

Reimann la signala également dans la fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses. Nous avons, il est vrai, fait plus haut des réserves à ce sujet.

Dans la fièvre boutonneuse, enfin, on vient de retrouver cette lésion qui paraïssait jusqu'ici être l'apanage des typhus murins (Plazy, Germain).

Nous serons brefs en ce qui concerne l’inoculation expé:rimentale au rat. Nous avons vu, en effet, l’action très nette provoquée par le virus des typhus bénins sur cet animal. Mais nous signalerons un fait important qui vient d’être mis en lumière : le virus de la fièvre boutonneuse détermine chez le rat blanc, « animal réactif des typhus bénins », selon l’expression de Nicolle, une affection apparente tout à fait analogue à celle que détermine l’inoculation du virus toulonnais.

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