‹ Les figurines antiques de terre cuite du Musée du LouvreChapitre 2 sur 18 · ASSYRIE · texte numérisé non relu

ASSYRIE

L’Égypte ne rentre pas dans le cadre du présent ouvrage. Il importe de rappeler cependant que, si elle n’a guère employé l’argile ordinaire à faire des figurines, elle a fabriqué avec la terre vernissée, improprement appelée porcelaine ou faïence égyptienne, une quantité prodigieuse de petites images. On connaît surtout ses statuettes funéraires, représentant les morts assimilés au dieu Osiris. Il y a lieu de tenir grand compte de l’influence que ces ouvrages n’ont pu manquer d’exercer sur l’usage des terres cuites dans l’antiquité.

En Assyrie, il est très curieux de trouver la terre servant à modeler des figures de dieux, de démons, de héros, que l’on plaçait sous le sol pour conjurer l’hostilité des puissances souterraines. Les trois premières figurines de notre Planche i ont été trouvées par Botta, à Khorsabad, dans le palais du roi Sargon (fin du VIIIe siècle av. J.-C.), plantées dans autant de cachettes en briques, sous le pavage des cours. Les dieux ou les génies qu’elles représentent se retrouvent assemblés tous les trois, sur les bas-reliefs assyriens, comme gardiens des portes (Voir au Musée britannique, dans la suite des sculptures assyriennes, les plaques numérotées 17, 18, 70 et 81). Ces statuettes sont ébauchées avec une remarquable sûreté de main, dans une argile grise, presque crue et criblée de petits trous, comme si elle avait été mélangée avec des parcelles de paille ou de foin, selon le procédé employé pour la fabrica¬

tion des briques assyriennes et babyloniennes. (Botta et Flandin, Monuments de Ninive, t. II, pi. 1 5 3, 154, 159, 1 6 5 , et t. V, p. 169.)

Fig. 1. — Personnage mythologique à longue chevelure bouclée, fréquemment représenté, par les bas-reliefs et par les cylindres, comme un Hercule oriental, destructeur de bêtes sauvages, portant quelquefois, comme ici, ses deux mains contre un grand épieu dressé devant lui, mais qu’il ne paraît pas tenir : c’est là un détail que l’on n’a pas jusqu’ici remarqué et qui se rapporte à quelque fait légendaire encore inexpliqué. Sur un cylindre chaldéen du Louvre, le même personnage tient une lance renversée; sur un autre, il est dédoublé en deux figures semblables, qui adorent une grande lance plantée en terre. On croit y reconnaître le héros chaldéen dont le nom, encore douteux, s’épèle Istubar. — Haut. om24.

Fig. 2. — Dieu assyrien, vêtu d’une longue robe et coiffé de la tiare à deux paires de cornes. Toute la figurine porte, sur le nu comme sur le vêtement, des traces de couleur bleue. — Haut. om20.

Fig. 3. — Démon à tête de carnassier, dont les jambes se terminent par des griffes d’aigle. Lorsque cette figure fut découverte par Botta, elle avait de longues oreilles pointues et portait des traces de couleur noire. Il est à remarquer que, dans les bas-reliefs des portes, dont nous avons parlé, elle est placée entre les deux précédentes. — Haut. om2o.

Fig. 4. — Tête d’animal fantastique appartenant à un type voisin du précédent : la place des oreilles dressées est encore nettement marquée sur le vernis. Ce

fragment décoratif, de terre blanche à glaçure vitreuse d’un beau vert bleu, modelé et moulé avec une précision pleine de caractère, montre l’originalité que les artistes assyriens apportaient dans la fabrication du genre de céramique connu sous le nom de faïence égyptienne. Il provient de la collection Clot-Bey et représente tout un lot d’objets du meme style, trouvés en Egypte, où ils avaient été portés dès l’antiquité par le commerce. — Haut. orao6.

Page 1