TANAGRE, ITALIE
Cette planche est consacrée à un curieux groupe, dont les tombeaux de la Grèce et de l’Italie ont fourni de nombreuses variantes. J’en ai, tout le premier, cherché l’origine dans le jeu de l 'encotylé, où le perdant portait
le vainqueur en le soulevant par le genou. On n’a pas remarqué que ce motif se trouvait particulièrement associé à des représentations du jeu de balle, déjà même en Egypte. J’ai prouvé que les Grecs groupaient volontiers dans une semblable attitude des divinités, des Satyres, des Nymphes, Éros avec Aphrodite, avec Psyché ou avec Silène, et même Bacchus, Ariadne ou Coré, Hercule, Pluton (Gori, Mus. étrusq., II, PI. 104; Pline, Hist. nat ., XXXVI, 4, 17). Je ne tiens pas plus qu’il ne faut à l’hypothèse de la Katagousa ou de Déméter portant sa fille; mais il est certain que dans plusieurs de ces représentations le sujet prend le caractère d’un voyage ou d’un enlèvement mythologique, parfois même d’un passage de fleuve : une seconde allégorie s’ajoutait ainsi aux idées funéraires que les anciens attachaient au jeu de balle. Voir mon article de la Galette des Beaux-Arts , sept. 1875; cf. Rayet, Monuments antiques , et Cartault, dans la Collection Lécuyer.
Fig. 1. — Dans ce groupe de Tanagre , je crois maintenant que c’est la balle « de pourpre », et non une pomme, que tient la jeune fille portée par sa compagne. Nous avons là une forme plus compliquée du jeu de balle ; mais il n’en faut pas séparer pour cela l’idée poétique, qui faisait rentrer ce jeu dans le cycle des représentations funéraires. — Terre jaune. Haut. ora225.
Fig. 2. — Très petit groupe, également de Tanagre. Ici un homme nu, sur la poitrine duquel passe un baudrier ou une courroie (héros? satyre?), enlève une jeune femme, qui s’enveloppe dans ses voiles, et qui ne saurait plus être une joueuse de balle. Les jambes du porteur paraissent n’avoir jamais été figurées que jusqu’aux genoux, ce qui se rapporterait bien au passage d’un fleuve. — Terre jaune. Haut. omo5.
Fig. 3, 4 et 5. — Trois groupes italo-grecs de la collection Campana, analogues au n° 1. Dans le plus grand, qui est de terre grise, on remarquera le geste animé de la figure portée; dans le n° 4, qui est de terre orangée, comme le n° 5, la couronne de la même figure. — Terre grise et rose. Haut. om28 et omi2.
LÉB A D ÉE
Nous aurions, dans la principale figure de cette planche, un spécimen des fabriques du nord de la Béotie. Elle est comparée à deux autres figurines de Tanagre , coiffées également d’une sorte de pétase, qui se rapproche peut-être davantage de la causia, portée dans la Grèce septentrionale.
Fig. 1. — Éphèbe enveloppé dans sa chlamyde,
coiffé du chapeau plat précédemment décrit. Beau style. — Terre d’un rouge orangé. Haut. om25.
Fig. 2. — Enfant coiffé de même : il est assis sur un socle en forme d’autel et porte une grappe de raisin, attribut bachique et funéraire. — Terre d’un gris jaunâtre. Haut. omi5.
Fig. 3.— Adolescent coiffé comme les figurines précédentes et gracieusement enveloppé dans sa chlamyde : il est assis sur un rocher, près d’un hermès dont la gaine porte à la base une guirlande. — Terre jaune. Haut. omi4-