ATHÈNES, TANAGRE
Enfants, petits génies.
FIG. i. — Cette fillette assise, à la mine souriante, dérive encore des anciennes figurines funéraires d’Athènes (PI. 1 8, fig. 4). Sa haute stéphané dorée, son manteau agrafé aux épaules, comme celui des jeunes errliéphores de Minerve Poliade, les bandes croisées sur sa poitrine, comme dans le costume des canépliores éleusiniennes, sont autant de traits qui s’écartent des usages de la vie ordinaire. Tombeaux d'Athènes. — Terre rougeâtre. Haut. omio.
Fig. 2. — Petite fille coiffée d’un crobylos au-dessus du front, portant un levraut dans la partie repliée de sa tunique. Tombeaux de Tanagre. — Terre rose. Haut. omi65.
Fig. 3. — Petit liseur, demi-nu, remarquable par la finesse du sourire : il tient sur ses genoux un rouleau de papyrus et doit être comparé aux enfants studieux, sculptés sur plusieurs stèles grecques. Style de Tanagre. — Terre rose. Haut. omi35.
Fig. 4. — Autre enfant demi-nu, debout contre un cippe; l’espèce de sac cylindrique qu’on lui voit à la main est un attribut du gymnase ou de l’école. Tombeaux de Tanagre. — Terre jaune. Haut. omi65.
PLANCHE 35 bis
TANAGRE
Sept petits amours, trouvés dans un même tombeau. Ils sont traités dans un style enjoué, qui répond au caractère de la poésie idyllique, au temps des successeurs d’Alexandre. On remarquera le n° 4, qui verse une libation, le n° 3, portant un coffret, le n° 2, qui fait un signe d’appel, le n° 5, voilé de son manteau rose,
en vrai coureur de nuit, comme l’Amour à la lanterne, sur une pierre gravée, le n° 6, avec la coiffure féminine que l’on voit aux statues d’Hermaphrodite, le n° 1, peut-être une petite Psyché plutôt qu’un Eros. Collection Barre (Catal., nos 443 à 449. Cf. Rayet, Monuments antiques). Toutes ces figurines étaient délicatement peintes. — Terre orangée. Haut, de omo6 à omo8.
MÉGARIDE
La Mégaride avait une fabrique de terres cuites, dont on a retrouvé d’assez nombreux spécimens, notamment près de l’antique emplacement de Pagæ, sur le golfe de Corinthe. Ce sont presque toujours des génies ailés, aux proportions élancées, mais rarement aussi élégantes que dans le remarquable groupe que nous publions.
Eros funèbre ou Potlios , jouant de la flûte traversière, appelée par les Grecs plagiaulos ; il s’appuie, les jambes croisées, contre une colonne corinthienne. L’attitude rappelle de très près celle d’une statue de jeune satyre, dont il existe deux répétitions au Louvre; mais la terre cuite l’emporte sur le marbre, par la distinction de la forme et par la grâce coulante des contours. Sur le chapiteau de la colonne, une petite figure de femme ailée, voilée sur la bouche, les deux bras étendus (peut-être Ngx, la Nuit), a été rajustée dans son empreinte antique, parfaitement visible. Le groupe est complètement peint, le manteau d’Eros en rose, sa couronne de fleurs en jaune, ses ailes en rose et en bleu, la colonne en gris, la petite figure en bleu avec traces de dorure au bord des ailes. — Terre jaune. Haut. om3i.