‹ Les filets de SaintCloud drame en cinq actesChapitre 25 sur 77 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

ANDRÉ, LE PRÉSIDENT

LE paÉSIDENT.

Eh! quoi, maître, tous, un instrument de mort à la main!... prêt à commettre an meurtre... un meurtre aur la personne de votre fille !...

andré, lut présentant la lettre.

Lisez !... (Pendant que le Président Ht.) Et

dltennoi si elle est encore digne de vivre... li elle mérite le nom de fille?

LE PRÉSIDENT, qui a lu.

Allons, maître, du courage.

ANDRÉ

Je n’ai pas de courage contre le déshonneur.

LE PRÉSIDENT

Un peu d’indulgence.

ANDRÉ

Pas d'indulgence pour la fille criminelle.

LE PRÉSIDENT

Sans doute 1a faute est grande; mais qui de nous n’a pas eu besoin de pardon ?

ANDRÉ

Lui pardonner! jamais! jamais!

LE PRÉSIDENT

Que voulez-vous donc qu'elle devienne?

ANDRÉ

Qu'elle parte ! qu’elle s'en aille loin, bien loin d’ici, et comme elle l'écrit, que je n’cnleude plus parler ni d'elle ni...

LE PRÉSIDENT

Ni de son enfant ?

ANDRÉ

Cet enfant est le fruit de la honte et du crime.

LE PRÉSIDENT

Mais il est innocent de la faute de sa mère; et d'ailleurs sa mère est votre fille.

andré, sourdement.

Je n’ai plus de fille!... ma fille est morte!.... Elle le serait si vous n'aviez pas été là pour m’épargner un meurtre...

le président, avec une sévérité affectueuse.

Votre égarement oscrait-il m'en faire un reproche ?

andré, ému.

Non, monsieur le président, non, mon bienfaiteur ; (tuf baisant la main avec effusion) j’embrasse, je bénis la main qui m’a désarmé! merci

à vous qui m’avez empêché de verser le sang

le sang ne peut rien réparer ! (Pleurant.) Sa mort ne me rendrait rien de ce que sa faute me lait perdre... ni mes espérances détruites, ni l'orgueil

et la joie de mes vieui ans. Qu’elle vive donc

mais que Dieu m'accorde de l’oublier... l’oubli, voilà son châtiment 1 que rien désormais ne ma parle d’elle!... Oui, je l’arracherai de mon' cœur; oui, je briserai sa mémoire, j'anéantirai son souvenir, comme je brise, comme j'anéantis son Image.

Il arrache le portrait suspendu à la muraille, et le foulo

aux pieds.

LE PRÉSIDENT, l'arrêtant.

Que faites-vous? ... ce portrait...

ANDRÉ

Ce portrait est l'ouvrage du séducteur, eé portrait a été le premier piège tendu à l’innocence de dion enfant ! c'est pendant ces heures d'étudé

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que pour la première fois il lui a parlé d’amour! , 11 voulait, disait-il, nous laisser à tous deux un | gage de sa reconnaissance, et il accomplissait l’oeuvre de la plus noire perfidie; le lâche!... Et cela sc dit gentilhomme!

LE PRÉSIDENT

Son nom, maître, son nom?

La porte du fond s’ouvre, Jules paraît.

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