XIV AVANT-PROPOS
les principales archives et bibliothèques de ces divers pays, parfois même des archives et collections privées, en tout 235 dépôts, en nous attachant plus particulièrement aux localités qui ont possédé des papeteries dans leur voisinage immédiat, et en laissant de côté les villes qui avaient été l'objet d'études antérieures, telles que Fabriano, Laon, Francfort-sur-le-Mein, Cracovie, Hermannstadt, etc. Dans ces explorations, notre attention se porta sur le meilleur choix à faire parmi les documents à examiner; car ce qu'il importe surtout, c'est de voir les papiers écrits à une date certaine et dans une localité déterminée. Les sources les plus importantes à ce point de vue sont :
l° Les minutes de notaires.
2° La correspondance, comprenant soit les lettres originales venant du dehors, soit les minutes de lettres expédiées.
3° Les procès-verbaux des conseils politiques ou ecclésiastiques, des autorités civiles ou judiciaires.
1° Les comptes, recus, quittances, etc.
5’ Les terriers ou livres de reconnaissances féodales, dont les originaux sont assimilables aux minutes de notaires.
Outre ces cinq sources principales, et parfois à leur défaut, nous avons dépouillé des documents de nature variée, dans le but d'obtenir, pour chaque localité, une idée aussi juste que possible des papiers qui y étaient employés communément.
Il est'presque superflu d'ajouter que l’on ne trouve pas, dans toutes les archives, des papiers de toutes les époques. Ceux qui sont parvenus jusqu'à nous ne constituent qu'une partie bien minime de ce qui aurait pu être conservé.
Plusieurs régions, souvent fort étendues, ne possèdent que de rares pièces originales de certaines périodes ou n'en possèdent point du tout. C'est un fait dont il faut tenir compte lorsqu'on cherche à préciser l'aire géographique d'emploi des filigranes. Disons aussi que beaucoup de registres embrassent un grand nombre d'années, et que, pour chacun d'eux, il faut examiner s'il a été formé ou relié après coup et s'il contient plusieurs sortes de papier employées successivement. S'il n'en renferme qu'une, on est sûr que le livre a été relié d'avance ; peu importe alors qu'il ait duré un plus où moins grand nombre d'années, ce qu'il faut savoir, c'est la date à laquelle il a été commencé. Les bibliothèques, elles aussi, possèdent souvent des pièces d'archives dont la date est certaine. Elles détiennent également des manuscrits datés de la main du copiste et qui offrent par ce fait une absolue sécurité. D’autres manuscrits portent une date, mais c'est celle de la composition de l'ouvrage et non celle de Ta copie ; ce ne sont plus alors que des écritures sans lieu ni date qu'il a fallu laisser en dehors de nos études. En somme, les documents de bibliothèques doivent être plus soigneusement contrôlés que les pièces d'archives et le temps nécessaire ayant manqué pour faire ce contrôle, nous nous sommes généralement abstenu d'utiliser les marques provenant de cette source.
Quant aux livres imprimés, tous ceux qui portent la date de leur impression sont évidemment d’une sûreté absolue. Ceux de la seconde moitié du XV° $. ont été très étudiés, de sorte que les filigranes de cette époque sont assez bien connus. Nous avons examiné environ un millier d'ouvrages iprimés embrassant plutôt le XVI° s. C'est bien peu ; et il y aurait dans ce domaine \infiniment à faire et de précieux renseignements à recueillir. Toutefois une vie d'homme n'y sullirait pas. Signalons enfin d'une façon spéciale les collections de papiers filigranés faites par des particuliers, et celles qui ont été formées dans des dépôts d'archives. Lorsqu'elles ont été établies avec soin, ce qui n'est pas toujours le cas, elles sont d’un grand secours en permettant d'obtenir, en peu de
temps, une idée générale des papiers usités dans une région plus ou moins étendue. Nous devons