‹ Les filigranesChapitre 8 sur 156 · AVANT-PROPOS XV · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XV

mentionner les recueils de ce genre formés : 1° par 7. W. Harder à Schaffhouse! ; 2° par le prof. Reuss? ; 3° par Van Hasselt, d'Arnheim (Pays-Bas) et 4° par Æirchhof à Leipzig ?.

Dans les archives publiques, c'est Berne, Marbourg, Besancon, Marseille, La Haye, Bruxelles, etc., qui offrent les collections les plus importantes et les plus soigneusement datées. Le recueil de Bruxelles, préparé en vue de l'exposition internationale de Londres, en 1872, et qui forme 6 volumes contenant les spécimens de papiers usités de 1326 à 1795, est un modèle du genre.

En résumé, nous avons examiné, souvent feuille par feuille, 30.840 volumes, registres ou cahiers, ainsi que 1432 cartons, portefeuilles, liasses ou dossiers de pièces isolées ; et recueilli de la sorte, en nombres ronds, 44.000 calques de filigranes, notés 65.000 fois. Ce nombre considérable de dessins nous a mis dans un grand embarras quand il s’est agi de publier ce recueil. Que fallait-il élaguer ? Les doublets d'abord, cela va sans dire. Puis tout ce qui était postérieur à une date à déterminer. En effet, au lieu de recueillir tous les filigranes intéressants, sans s'inquiéter de leur époque, il eût été préférable de fixer d'emblée la date à laquelle s’arrêteraient nos recherches. Jusqu'où convenait-il d'aller ? jusqu'au moyen âge ? à l'époque de l'invention de l'imprimerie ? C'eût été, on peut dire, ne considérer que les débuts du papier ; celui-ci n'étant qu'un auxiliaire du parchemin on ne l'employait guère que pour des usages secondaires. L'imprimerie vint lui donner toute sa valeur; sans le papier, et faute de la matière première nécessaire, l’art de Gutenberg ne se serait pas développé; le siècle de la Renaissance n'aurait pas été ce qu'il fut, s'il n'avait connu que le parchemin. Il fallait donc s'étendre jusqu'au XVI° siècle et embrasser celte époque de la Renaissance si importante pour tous les arts. Mais à quelle date finit-elle ? Est-ce avec Léon X ou avec Paul III ? avec Luther ou avec Calvin ? avec François [° ou avec les Valois ? avec Henri VHI ou avec Elisabeth ? C'est un point qu'il serait oiseux de discuter. Et le siècle de la Réforme ! na-t-il pas, lui aussi, été d'une haute importance pour les lettres et pour la eivilisation en général ? Convenait-il de suivre ce mouvement jusqu'au Concile de Trente ? jusqu'à l'édit de Nantes ? jusqu'à la guerre de Trente ans? Tout bien considéré, il nous a paru que la date de 1535, acceptée par plusieurs auteurs comme ouvrant une ère nouvelle, était trop précoce et ne pouvait s'appliquer qu'à l'Italie, alors à l'apogée de son développement. Pour la France, il faut aller plus avant et pousser jusqu'en 1570. Cette dernière date permet de faire figurer dans ce recueil les premières manifestations d'une conception moderne des fabricants de papiers, à savoir l'emploi de leurs noms pour marquer leurs produits. Enfin, pour l'Allemagne et la Suisse, il faut aller jusqu'à 1600 pour atteindre l’époque de l'épanouissement de l'industrie papetière en ces pays. En résumé, on ne peut pas poser de limite absolue pour la date à laquelle doivent s'arrêter les reproductions d'une marque ; cette limite oscillera entre 1500 et 1600, suivant les régions et l'intérêt qui peut s'attacher à certains filigranes.

Au delà de 1600, il pourra bien nous arriver de signaler l'existence ou l'emploi d'un filigrane, mais en n'en donnant le dessin qu à titre tout à fait exceptionnel. Même en s'arrêtant à ces limites de 1500 à 1600 notre collection de calques s’est trouvée trop considérable pour qu'il fût possible de publier toutes les variétés recueillies. Il à fallu faire un choix dans lé nombre, en prenant pour règle de reproduire dans chaque groupe la variété la plus ancienne en date, puis, là où c'était utile ou nécessaire, les spécimens les plus caractéristiques.

Multiplier outre mesure les reproductions des variétés de chaque groupe, c'eût été donner un

développement énorme à ce recueil, sans assurer un avantage certain aux personnes appelées à le

! Possédée par la Société des antiquaires de cette ville. ? Conservés à la Bibliothèque de l’Université de Würzburg. % Ces deux collections sont la propriété du Buchhändler-Bürsenverein de Leipzig.

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