SCENE IV
Les Mêmes, MARIE.
Eh! mais, je tno trompais, ce n’était pas le vent qui grouillait à ma porte.
DESGENAIS
Une jeune fille! ( Marie va s’éloigner.)
raphael, l’arrêtant,
Vous fuyez, mademoiselle?
MARIE
Non, monsieur, je ne fuis pas; je m’en vais; je m’étais abritée là; mais un éclair m'a effrayee, alors involontairement je me suis pressée contre la porte et j’ai fait du bruit. Je vous en demande pardon : adieu, monsieur.
RAPHAËL
Permettez, mademoiselle, je ne puis souffrir.. . (Il la fait > entrer, la reconnaissant. ) Eh, mais je ne me trompe pas,. » DESGENAIS, la reconnaissant aussi.
Lajcune fllle de Madrid !
marie, à Desgenais.
Ah ! je vous reconnais, monsieur.
* Kaj luel, Marie, UrsgeDais.
ACTH III.
Ui
Moi aussi; je vous ai Nue ce jour-là, vous étiez...
marie.
Dans une belle voilure, n’est-ce pas?
desgenais, riant.
C’est bien ça, c’était la mienne.
RAPHAËL
Pauvre enfant!.. . elle est toute trempée!.. . Attendez, il y a toujours du feu ici ! 4
MARIE
Comment ! dans l’été !
PESGKNVIS.
Oui. c’est pour les modèles. Vous comprenez, quand on pose, par exemple, pour la vérité. {Marie le regarde étonnée. )
PRSGK.N vis, d part.
Tiens, quVsl-ce que je lui dis donc? Suis-je bête. .. C’est qu’elle a l’air toujours aussi honnête, il paraît qu’elle n’a pas eu de bonheur ; tant mieux. ( Marie a regardé autour d’elle.)
MARIE
C’est beau ici!
Raphaël, qui a rallumé le feu.*
Tenez, mademoiselle, séchez vos habits.
MAIUE.
Oh! mais non, je veux m’en ailer.
RAPHAËL
Pourquoi? mais vous n’êtes pas chez des garçons ici. J’ai ma mère. { Désignant la porte d gauche.) Elle est là !
MARIE
Au!
Raphaël, lui donnant une chaise.
Mettez-vous ici. ( A Desgenais.) Comme elle est jolie! quel air modeste!.. .
DESGENAIS
C'estce que je me disais : qui diable ça peut-il être . . [Haut.) Vous êtes arrivée à bon port l’autre fois?
MARIE
Oh! oui, monsieur; j’ai vu sœur Marthe : elle m’a gardée jusqu’à ce jour; mais il paraît que les règlements de la maison s’opposaient à ce que je reste davautage. Alors elle u.’a adressée à quelqu’un pour servir.. .
’ Marie, Raphaël, Üc'genai*.
RAPHAËL
Servir?... Cela no vous convient pas.
MARIE
Oh! tout me convient à moi.
Comment vous appelle-t-on?
marie
Marie, monsieur.
RAPHAËL
Maiic seulement?
marie.
Oh ! i*ai encore beaucoup de noms; autrefois tout le monde m'eu donnait un.
DESGENAI9.
Ft moi, j’ai fait comme tout le monde, car la première fols que je vous ai vue, je vous ai appelée Mignon.
MARIE
Mignon?... qui est-ce?
RAPHAËL
C’était une enfant perdue.
marie, avec tristesse, elle se lève Ah ! alors vous pouvez" m’appeler comme ça.
RAPHAËL
vous ai fait de la peine.
marie, souriant.
îfon c’est passé...
RAPHAËL
Mais vous disiez tout à l'heure que chacun vous donnnf nom autrefois; comment cela se fail-il?
Ah! c’est toute mon histoire ça, monsieur...
RAPHAËL
Ft vous ne voulez pas nous la conter?
MARIE
Si... je veux bien... Elle est bien simple, allez. D'abord étant toute peiite, ma mère m’avait confiée a une vieille femme qui me battait...
DBSGBNA1S.
Elle avait bien placé sa confiance, votre maman... elle eat duic folle?