ACTE H U
BLANCIE.
Ail ! (On s assied aux mêmes places.)
GEORGE
Et, à ce sujet, mademoiselle, si vous vouliez être bien bonne, vous tâclieriez 'd'obtenir de madame Fontenay qu'elle me marie le plus tôt possible ?
Mais, monsieur...
GEORGE
Pai'don! mademoiselle Blanche peut-être n'est pas pressc'c, cela se conçoit, elle n'a que dix-huit ans; mais, moi, j'en ai vingt-huit.
BLANCHE, timidement.
C'est vrai, maman.
MADAME FONTENAY
Tu es donc bien impatiente de me quitter, vilaine ingrate ?
BLANCHE
Oh ! maman !
MADAME FONTENAY
Laissez donc, mademoiselle, vous ferez comme les autres, vous me quitterez, j'en suis siire, sans regarder en arrière, sans songer que je reste seule.
BLANCHE
Seule ?... eh bien, et ma sœur ?
MADAME FONTENAY
Ta sœur... se mariera aussi, elle.
BLANCHE
Et puis, d'abord, tu ne me quitteras pas, c'est convenu... Oh ! nous nous sommes déjà occupés de toi avec monsieur de Spare.
MADAME FONTENAY
Vous avez régularisé ma position ?
Mais certainement.
52 CE.NDr.ILLON
-MADAME FOIVTENAY, avec émotion^ à George.
Vous la rendrez heureuse?... vous ne la ferez jamais pleurer ?
GEORGE
Alî ! grand Dieu ! je n'ai jamais vu pleurer une... (George
s''arrêie et se mord la lèvre.)
BLANCHE, à sa mère.
D'abord, s'il me fait pleurer, j'irai te le dire.
GEORGE, riant.
C'est convenu.
MADAME FONTENAY
Ah ! c'est que c'est une enfant gâtée !
GEORGE, riant, et à demi-voix.
Je le savais.
BLANCHE, fâchée.
Plaît-il?
GEORGE
Miis soyez tranquille, chère mère, je la gâterai encore plus que vous.
Il faudra être indulgent, car elle a hien quelques petits défauts... Elle est volontaire, capricieuse...
GEORGE
Je serai une vraie girouette, mademoiselle Blanche n'aura qu'à souffler.
MADAME FONTENAY
Elle est aussi un peu coquette.
BLANCHE
Ah ! maman!...
MADAME FONTENAY
Tout cela n'est-il pas vrai ?
BLANCHE
Si, mais monsieur George s'en serait bien aperçu... tu n'avais pas besoin de le lui dire.
MADAME FONTENAY, riant.
A la bonne heure !