‹ Les filles de marbre; drame en cinq actes, mêlé de chantChapitre 13 sur 167 · ACTE PREiMlER · texte numérisé non relu

ACTE PREiMlER

PHIDIAS

Qu'elles sont belles!... vois, Diogène, elles semblent vivre; oui, elles vivent, et mon génie qui les a crées n'a rien omis en elles...

DIOGÈNE

Oui, voilà de bien belles filles de marbre, Phidias! voilà de belles filles de marbre!

PHIDIAS

Non!... elles sont femmes, et je les aime!... Oui, oui, travail de mes jours, rêves sans sommeil de mes nuits; je ne travaillerai plus, je briserai l'outil qui vous a fait nailre; car vous êtes mes chefsd'œuvre, et j'ai laissé mon génie endormi à jamais dans chaque pli de vos robes blanches, dans chaque ligne de vos pâles visages... Vivez!... aimez!... appartenez-moi comme je vous appartiens; on ne vous aura pas, on ne peut vous acheter, créations de l'artiste; non, non, on n'achète pas le génie, on n'achète pas l'amour.

DIOGÈNE

Tu te trompes! on achète tout dans ce monde, et ce sera encore comme ça dans deux mille ans et plus. Bonsoir, j'ai sommeil, (il s'étend sur sa natte et s'endort. Bruit de voix au dehors. Phidias tire vivement le rideau.)

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