SCÈNE II MADAME FONTENAY, MARIE
MADAME FONTENAY, après un silence, elle s'est assise.
Approchez-vous, Marie... (Elle lui montre uu siège.) Je ne veux pas que Ton entende ce que j'ai à vous dire.
MARIE, s'avançant et s'asseyaut.
Me voici, madame.
MADAME FONTENAY, élouuëe.
Marie? Pourquoi me dites- vous : Madame?
MARIE, froide de parti pris. «
Pourquoi ne me dis-tu plus : Toi... ma mère?
MADAME FONTENAY, après un temps.
Sais-tu, Marie, pour quelle raison ta 5œur a tant pleuré cette nuit?... C'est parce qu'elle a compris que George ne l'aime plus.
HARIE^ même jeu.
Je l'avais deviné, ma mère.
MADAME FONTENAY
Mais... ce qu'elle ignore, c'est que George en aime une autre; ce qu'elle ne sait pas, c'est le nom de... cette autre. Le sais-tu, toi, Marie ?
MARIE
•Oui, ma mère.
MADAME FONTENAY, étonnée du sang - froid de Marie, s'arrête un instant, puis continue.
Ah!... tu dois savoir, alors, que... cette autre n'ignorait pas l'amour profond de Blanche pour George, qu'elle ne de-
* Madame Fontenay, Marie, Blanche, Marijtmae.
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vait pas ignorer non plu^ <]ue le bonheur de Blanche était attaché à cette union, et que la briser, c'était aussi briser la vie de...
MARIE
Celle dont vous parlez, ma mère, n'a rien à se reprocher, car elle ne pensait pas à George, elle ne pensait qu'à vous, qui ne pensiez pas à elle.
MADAME FONTE NAY, après un momement, et comme prenant une brusque résolution.
Voyons ! Marie! que comptes -tu faire ?
MARIE, froidement.
Que voulez-vous que je fasse, ma mère?
MADAME FONTENAY
Ce que je veux que tu fasses?... (Approchant sa chaise de celle
de Marie.) Oh! ne perdous pas de temps en paroles inutiles, je t'en prie!... Comprends-moi bien. — Blanche souffre, elle souffre horriblement, et... je ne veux pas que cette souffrance se prolonge.
MARIE, à part, avec un senthnent de révoUe.
Je ne veux pas!...
MADAME FONTENAY
Tu ne me réponds rien ?
Je n'ai rien à vous répondre, ma mère.
MADAME FO.NTENAY.
Ah ça, es-tu folle?... Est-ce que tu n'entends pas ce que je te dis?... Est-ce que tu ne vois pas que je suis au supplice?... Mais je te répète encore qu^elle souffre!... qu'elle pleure!...
MARIE, éclalanl.
Elle !... Toujours elle!...
MADAME FONTENAY, la r^ardaut avec stupeur.
Qa'as-tudit?... qu'est-ce que tu viens de dire ?...r "gardemoi donc ?... (Avoc un cri.) Ah ! tu la hais! Tu hais la sœur!
MAr.lE.
Je suis jalouse î...