‹ Les filles de marbre; drame en cinq actes, mêlé de chantChapitre 164 sur 167 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

chant, mademoiselle Marie; «lu monde, (jui î^ait tout, change tout, el fait quel'jiiefois des (rimes avec les choses les plus innocentes ! Grâce à lui, ce pelil mensonge grandirait un peu... chaque année, et, un jour, il se dresserait menaçant devant vous, alors que depuis longtemps vous Tauriez oublié, et... je ne veux pas!... et il ne faut pas que l'ombre même d'un soupçon puisse atteindre une vie pure comme

doit être la vôtre!... (Marlp l'ei-ome, calme, les yeux baisses, sa main toujours dans celle de Claude, dont les lèvres elfleureut presque ses che- ■veax, de Claude qui lutte à la fois contre la douleur de sa blessure. et contre son amour.)

CLAUDE, continuant. Il a quitte la main de Marie.

Et d'ailleurs, monsieur George ne vous croirait pas, mademoiselle Marie!... Nul ne croira jamais que vous, si b^ile, si parfaite, vous ayez pu laisser tomber un de vos doux regards sur le pauvre Claude Parisot!... On pourra croire, peut-être, que je vous ai adorée comme on adore une sainte, comme on adore Dieu!... On pourra croire aussi que j'ai osé poser mes lèvres sur la fleur que vous avez cueillie, sur le gazon que vous- aviez foulé !... On pourra croire même que j'ai osé j'êver d'amour quand je pensais à vous... on ne croira jamais que j'aie osé vous raconter mon rêve !... (Marie est pensive. — coniinuint.) Et sl par hasard, par impossible, on le croyait... eh bien, on me chasserait, Marie !... et, je le jure, je ne pourrais plus vivre après avoir rougi devant vous !

MARIE, ëinne.

Monsieur Claude... vous... m'embarrassez en me paiiant ainsi... et il faut que vous m'aimiez bien pour me voir si parfaite... Mais toul le monde ne me voit pas comme vous, et moi, grâce à Dieu ! je ne vous vois pas comme vous vous voyez vous-mêjne... Pou!q:ioi vous faire si p:iit et me faire si grande?... ic n'ai pas une vilaine-âiue, vous, vous avez un noble cœur... Je ne suis pas méchante, c'est vrai, mais vousête- la bonté même... Vous êtes pauvre, et je n'ai plus rien... Quelle ditlérence si 'jrande y a-t-il donc entre nous?... et pouiquoi le mond" s etonnerait-il tant si Claude osait

aimer Marie ?... (claude a poné la main à'ses ytiix, pnis à sa poilriue , il se soutient a peine. — M;n-.e s'en ai>erce^ant. ; MoU DltU ! Ujais VOUS

chancelez encore, el v()U> (^es plus pâle que tout h l'heure?

132 GENDRILLON

CLAUDE

Oui... je souffre un peu... mais ce ne sera rien... quelques instants de repos... ^Il fait quelques pas pour sortir, et s'arrête.)

Mais, c'est bien convenu... vous renoncerez à votre dessein?... (Avec tristesse.) Il ne fdut pas mcutir, mademoiselle Marie.

MARIE, avec tendresse.

Dites votre enfant, Claude, votre enfant, qui vous aime

de tout son cœur '... [EVq a saisi la main blessée de Claude, qui ne peut releuir un cri. — Marie, avec effroi.) Alî ! mOU DiCU !... mals VOUS

êtes Messe?

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