‹ Les filles du docteur;Chapitre 3 sur 41 · ACTE I, SCENE · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE

JULIERS

Vous ne pouvez pas en avoir de bonnes, c'est égal, je les écoute.

CLÉLIA.

Pauvre fille abandonnée !... je n'ai jamais connu mes parents, je n'en ai pas.

JULIERS

Des parents!... une fois que vous aurez épousé ma fortune, vous en aurez plus que vous ne voudrez,'des parents!... Soyez tranquille, et si ce n'est que ça...

CLÉLU, souriant.

Non !... tout ce que je me rappelle de mes premières années , c'est que je me trouvai un jour sur la grande route de Zurich à Bâle, n'ayant pas mangé depuis longtemps et chantant un air de nos montagnes pour obtenir un morceau de pain, lorsque passa dans une carriole une petite fille de mon ûge, qui me sourit avec tant de grâce en me jetant son déjeuner, que je lui dis : Merci, ma sœur... C'était en effet ma seule famille... Celle qui me sauvait la vie valait bien ceux qui me l'avaient donnée... Moi, ta sœur ! s'écria la jeune enfant... oui, je la serai... tu remplaceras celle que nous venons de perdre... n'est-ce pas, mon père? C'est le ciel qui nous l'envoie!... Que vous dirai-je? le docteur Holbein et sa fille m'emmenèrent avec eux !

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