VIII AVANT-PROPOS
contemporains, Dangeau, Saint-Simon, Marais, Buvat, pour citer les principaux : nous avions recueilli tous les traits épars dans ces nombreux volumes, de façon à composer un ensemble qui permettait déjà de tracer le croquis exact de la vie de chacune de ces princesses. Les papiers de la marquise de Balleroy, si habilement mis en lumière par M. Âubertin, deux manuscrits émanés de Tabbesse de Chelles elle-même, les dépêches
laquelle il formule les plus humbles excuses au Régent. Elle est adressée au cardinal Dubois :
a Monseigneur, j'ay appris axec une joye inexprimable que V. E. a la place du fameux cardinal de Richelieu^ persuadé que comme tous n'avez pas moins de lumières^ tous l'imiterez dans la protection qu'il accordoit aux belles-lettres, et que V. E. commencera à la leur faire sentir en leur rendant en moi ce qu'elles avoient de meilleur dans un genre d'écrire qui n'est pas commun. La royale protection dont S. M. G. m'a honoré, me fait espérer la même grâce de S. A. R. et qu'elle voudra bien oublier le passé en faveur de mon repentir. M. de Chavigny pourra informer V. E. de la manière respectueuse dont j*ai toujours parlé de ce grand prince^ soit à Gènes, soit à Madrid^ et j'aurois été rendre mes devoirs à M. de Maulevrier s'il ne les avoit pas rejettes avec assez de dureté pour ne m'exposer plus sans votre aveu à de pareilles tentatives. Le S' Melon pourra dire à V. E. si je mérite les malheurs où mes ennemis m'ont plongé. Ne doutez points Monseigneur^ qu'il soit glorieux à V. E. de les faire cesser: ils ont fait de l'éclat dans le monde, et vos bontés ne tomberont pas sur un sujet ingrat qui les laisse tomber dans l'obscurité. J'aurai un surcroît d'obligation à V. E. si elle vouloit bien joindre aux grâces que je lui demande celle de dire un mot à M. le Blanc^ afin qu'il me fasse rendre les bardes que j'ai laissées aux lies Sainte-Marguerite, de la valeur du prix de 300 pistoles. J'attends l'honneur de vos ordres et ai cependant celui de me dire, etc.
« La Grange.
a A Madrid, ce 5 sept. 4722. »
(Arck. des Aff. étrang., tome cccxx, d'Espagne.)
AVAHT-PKOPOS. IX
de la cour de Modène que nous a procurées avec tant d'obligeance M. le baron Feuillet de Conches, d'après les archives du duché, nous avaient fourni les plus précieux renseignements, et nous commencions à voir sous un jour moins confus la duchesse de Berry, dont l'impétueux caractère explique les écarts les plus extraordinaires ; Tabbesse de Chelles , originale , fantasque, mais pieuse et sincèrement vouée à son état ; la princesse de Modène, qui dut ses éclats à une déplorable éducation, complétée par la dureté du beau-père auquel elle fut littéralement livrée; la reine d'Espagne, dont la tête n'était vraiment pas assez saine pour qu'on pût lui reprocher sérieusement ses excentricités ; la princesse de Gonti, belle et aimable femme, enlevée à la fleur de l'âge ; mademoiselle de Beaujolais, gracieuse et chaste figure qui repose dans un milieu si désordonné. Mais nous hésitions à communiquer nos recherches au public, à cause des courtes notices insérées sur chacune de ces princesses, par Lemontey , dans la Revue rétrospectwe d'après les documents conservés aux Archives du ministère des Affaires étrangères. Il y avait là une source précieuse sans laquelle nous ne pouvions réellement songer à composer une étude sérieuse, et nous désespérions de pouvoir être admis à y puiser, quand une bienveillante in-