‹ Les fils d'Arpad étude historiqueChapitre 3 sur 48 · PRÉSIDENTIELLE OU CONSULAIRE · texte numérisé non relu

PRÉSIDENTIELLE OU CONSULAIRE

Le vote du 10 décembre 1848 dit si je m'étais mépris.

Cette candidature est devenue impériale ! Que chacun des hommes qui ont figuré dans les événementsde 1848 à 1851 mette la main sur sa conscience et dise si, en présence de la situation, en présence des faits accomplis, un coup d'État par la droite, par la gauche ou par le pouvoir n'était pas devenu inévitable.

Depuis que la Constituante, mentant à son origine, violant son principe, avait porté la main sur l'intégrité du principe constitutif de la république... le Votk universel ! Depuis qu'elle avait admis la possibilité du suffrage restreint, en multipliant les incapacités, le peuple — tout le monde — avait cessé d'avoir foi en elle.

Chacun avait le sentiment de ce délaissement , et il suffit d'une proposition formelle de désertion (la proposition Rateau-Lanjuinais) pour qu'elle obtempérât à cette espèce d'injonction et prononçât ellemême sa propre dissolution.

Sou héritière, la Législative, ne sut pas reconquérir la confiance publique, ses membres furent trop scrupuleusement légiféreurs et pas assez citoyens. — La loi dite du 51 mai , relative aux élec-

lectioos, fut une tentative hardie et criminelle contre le principe du droit public nouveau ;

Dès lors un coup d'Etat , un triple coup d'Etat, venant des trois angles du triangle devait être prévu. - 11 l'était.

11 y avait triple volonté d'action pour arriver à la violation de la Constitution, qui n'était pour tous qu'une lettre morte. — Nier cet état des esprits, c'est nier l'évidence.

Le 2 décembre ne surprit que les niais (1).

J'accepte donc comme un éloge pour mon intellHgence politique ce souvenir réveillé, n'importe avec quelle pensée, que le premier j'ai posé la candidature présidentielle d'un Bonaparte.

Strasbourg et Boulogne ont bien autrement ébranlé le trône do Louis-Pbilippe , adx yeox de l'Europe , que les massacres de la rue Transnonain ou les fusillades de Saint-Méry.

Je le répète après trente ans ;

(1) Je Crois qu'il etl en quelque sorte superflu de dire que je me borne à établir pourquoi une journée était devenue inévitable ;

Je n'ai point ici à émettre un avis quelconque sur les moyens adoptés pour It réussite de la tentative ut encore moins sur le» proscriptions et sur les déportations qui en ont été la suite et en quelque sorte la conséquente.

Comme btttoricn on comme mémorialiste, je dirai un Jour mon sentiment i cet égard. — Aujourd'hui, je ne parle que des faits qui ont précédé la journée du S décembre, et je le Tais avec toule liberté d'appréciation ei toute indépendance de wnUmenlâ et d« pense*.

D'une part — l'héritier de l'empire ne tenant aucun compte des droits que les plébicitcs antérieurs pouvaient lui avoir créés et affirmant les droits du peuple de se prononcer à nouveau;

D'autre part — le vote populaire affirmant un Bonaparte, c'était là, pris à tous les points de vue, le plus vrai corrosif, j'ai presque dit le seid corrosif de la famille qui n'affirmait rien, et aussi du principedit de droit divin, qui est la négation du droit public (pie la révolution française a de nouveau exhumé et qui sera devenu avant pou le droit public du monde entier.

Cette explication donnée, je laisse à chucun le droit et le soin d'apprécier mes idées comme il l'entendra ; mais du moins on voudra bien reconnaître que je suis demeuré fidèle à ma doctrine et à mes sentiments, que j'ai conservé en toute circonstance mon entière indépendance.

On m'a reproché d'avoir parlé longuement et sans nécessité à propos des fils d'Arpad, c'est-à-dire hors de propos; d'avoir, dis-je, trop parlé du DÉNI de justice dont le prince de Crouy-Chanel et avec lui ses complices (qu'il est inutile de nommer) furent victimes en 1859-1840. — Je ne reconnais pas la justice de ce reproche, alors que satisfaction ne nous a pas été donnée ; l'aniniosité des spoliateurs est bien de-

meurée acharnée contre la victime, pourquoi le mépris accusateur et vengeur serait-il moins tenace?

On a prétendu qu'en écrivant les Fils d'Arpàd j'avais eu la pensée de réveiller en Hongrie le sentiment national, et, selon la méthode de l'illustre O'Connel, d'agiter ce pays et de compromettre le trône des desendants d'Habsbourg:

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