‹ Les Fils de DieuChapitre 34 sur 51 · CÉRÉMONIES FUNÉRAIRES. — EMBAUMEMENT. — CREMATIONS. ENTERREMENTS · texte numérisé non relu

CÉRÉMONIES FUNÉRAIRES. — EMBAUMEMENT. — CREMATIONS. ENTERREMENTS

Une étude sur les cérémonies funéraires de la période brahmanique, me conduirait nécessairement à une comparaison de ces cérémonies avec celles de tous les peuples anciens. Il y aurait à faire sur ce sujet un ouvrage des plus intéressants au point de vue de l'histoire des races humaines. Je veux me borner, pour le moment, à rattacher à l'Inde, par une preuve de plus, les traditions des différentes tribus qui ont colonisé le monde.

Les brahmes, dans le gouvernement théocratique que nous venons d'étudier, n'admirent même pas l'égalité des classes au delà de la vie, ils soumirent les morts aux divisions de castes qu'ils avaient créées.

Voici, d'après le Maranam, ou rituel funéraire, le sort réservé aux morts d'après leurs castes :

Maranam, livre Ier, slocal et suivants.

« Écoutez les trois modes prescrits par le divin Swayambhouva, qui les avait reçus de Brahma lui-même, pour le traitement des morts dans les quatre classes. »

œ Que le brahme et l'arya (xchatria), après avoir été proclamés justes parle conseil des staviraha (vieillards), soient, après leur mort, plongés pendant trois jours dans le bain des parfums, et qu'après les avoir enduits des matières qui conservent, ils soient déposés dans les caveaux où le sage

Yama doit venir les chercher à l'heure où, sur la fin du jour de Brahma, le prâlaya (dissolution de toutes choses) doit commencer.

« Mais que le cadavre du brahme ou de l'arya dont le conseil des staviraha aura dit : Celui-là n'a pas aimé les hommes, ri a point fait l'aumône, et a vécu dans le mépris du vêda, soit livré aux chacals et aux oiseaux immondes, afin qu'il soit forcé, par une suite de migrations nouvelles, de conquérir, par une vie conforme à la sainte Écriture, la sépulture réservée aux justes des deux premières classes.

« Que le corps du vaysia, soit après sa mort, aspergé d'eau lustrale, couché sur un lit de bois et d'herbes consacrées, et brûlé.

« Le cadavre du soudra doit être rendu à la terre.

« Voici maintenant les différentes cérémonies qui doivent accompagner ces trois modes de sépultures, etc.... »

Toute l'histoire des émigrants indous, des motifs de leurs émigrations, des castes auxquelles ils appartenaient, pourrait être faite à propos de ce texte.

Vaincus dans leurs premières luttes avec les brahmes, les aryas ou xchatrias s'échappent de l'Inde par l'Iran oriental, conduit par Manou-Vena, ils vont coloniser l'Egypte, et conservent le mode de sépulture des hautes classes, par l'embaumement et la momification, qui va donner naissance aux pyramides et aux vastes nécropoles du pays des pharaons; ils conservent également le staviraha, ou cénacle des anciens, pour juger les cadavres des prêtres et des rois.

Et ainsi se trouve logiquement expliquée, par la loi indoue, cette étrange coutume de l'Egypte, dont aucune inscription n'avait pu donner la clef. A la suite d'Hara-Kala et de Souryastara, les classes moyennes, surchargées d'impôts, émigrent en Perse, en Asie-Mineure, jusqu'en Grèce et à Rome, et pendant des siècles ces différentes contrées brûlent les cadavres de leurs morts, respectant la tradition de leurs premiers habitants, les vaysias de l'Inde.

Enfin, si nous jetons nos regards vers le nord, nous voyons Iodah (Odin) et les deux millions de soudras qu'il aurait

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soulevés, d'après les annales brahmaniques, traverser les plateaux de l'Asie centrale, se jeter sur le nord de l'Europe, et coloniser peu à peu toutes ces contrées, dont les langues ont conservé comme un signe d'origine de si étroits rapports avec le samscrit. Ces diverses parties du globe, Russie, pays slaves, Scandinaves, germaniques et celtiques envahies par les soudras indous, ont conservé la coutume d'enfouir les morts, suivant la parole du Maranam :

« Le cadavre du soudra doit être rendu à la terre. »

Le brahmanisme, tout en indiquant, pour chaque classe, un mode particulier de sépulture, ne touche pas à l'esprit des cérémonies de l'époque pastorale; et le père de famille, ou le fils aîné à son défaut, continuèrent à présider aux funérailles de leurs parents, et à accomplir la purification.

Ils restèrent et sont encore les gardiens du culte des ancêtres.

Deux flambeaux n'égareront jamais la science, quand elle voudra s'en servir sérieusement pour éclairer la nuit du passé, ce sont la philologie et l'étude de la coutume. L'étude des formes physiologiques en matière d'anthropologie, ouvre la porte à tous les systèmes, sans qu'on puisse d'une manière exacte prouver la vérité ou l'erreur. En changeant de climat ou de nourriture, les races se modifient à bref délai; quelques siècles en arrière seulement, tout point sérieux de comparaison manque. Deux crânes peuvent se ressembler et provenir de la Polynésie et de la Bretagne ; deux autres, au contraire, peuvent n'offrir aucuns points de contact, et sortir de la même chaumière; aussi, sur ce sujet, au lieu de posséder une science, n'avons-nous que ce qu'on appelle des théories.

Au contraire, les langues, les coutumes, les usages civils et religieux, dans leurs rapports d'identité, dans la commune signification de leurs symboles, accusent tellement leur origine, que, malgré l'éloignement des contrées qu'ils habitent, et une nuit historique de dix à douze mille ans qui peuvent les séparer, deux peuples peuvent être rame-

nés à un ancêtre commun, non par la théorie de Darwin, par exemple, mais par la certitude mathématique que donnent ces identités de langage et de coutume.

Un exemple entre mille :

Le lecteur doit se souvenir des étonnants rapports que j'ai signalés entre le mahori, langue d'une partie des indigènes de l'Océanie, et le samscrit, dans la première partie de cet ouvrage.

Lorsque j'arrivai en Océanie, groupe des îles de la Société, après quelques mois d'études, rencontrant à chaque pas des mots entièrement semblables de forme et de signification, dans les deux langues, voyant également que la plupart des radicaux mahori pouvaient se ramener au samscrit, je n'hésitai pas à assigner une origine indoue aux habitants de cette partie de l'Océanie.

J'interrogeai alors la coutume, qui vint donner plus de force encore à l'opinion que je m'étais formée. Dans l'Inde, les chefs s'appelaient les aryas ; en Océanie les chefs s'appellent les arii ; mêmes formes de mariage, mêmes motifs d'adoption, mêmes lois sur la propriété, mêmes funérailles : embaumement pour les chefs, enfouissement pour le menu peuple et les esclaves; même genèse, et frappantes similitudes religieuses... tout se réunit pour donner une certitude historique à l'origine que de prime abord j'avais assigné à ces peuples.

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