‹ Les fils de JudasChapitre 54 sur 59 · CHAPITRE LI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LI

Qu’était , pendant ce temps-là , devenu sir Archibald ?

Ainsi que l'avait pensé Rodokani, il s’était engagé dans cette nouvelle galerie souterraine dont l'orifice se trouvait au fond du puits.

Ce n’était pas par négligence qu’il avait laissé allumée la torche qui brûlait sur le sol.

Il avait pensé, au contraire, qu’elle pourrait lui servir de fanal pour revenir sur ses pas, si celle qu’il apportait s’éteignait soit par le manque d’air, soit par quelque courant imprévu.

Seulement il n’avait pas songé à écarter suffisamment le bout de l'échelle de corde.

Alors il s’aventura dans la galerie, la torolie d’une main, le pic de l’autre.

La galerie était étroite et basse, un véritable troxi à renard.

Sir Archibald fi* obligé de se baisser pour y pénétrer.

Il allait droit devant lui, suivant un plan incliné assez rapide.

La galerie se rétrécissait de plus en plus.

Enfin, après environ dix minutes démarché, sir Archibald fut contraint de s’arrêter.

La galerie n’allait pas plus loin.

Cependant il était difficile d’admettre que celui qui l’avait taillée dans le roc vif n’eût eu d’autre but que d’ajouter un boyau de plus à cet immense souterrain qui s’étendait sous la montagne.

Sir Archibald se trouvant en face du roc nu se servit de son pic.

Le roc rendit un son bruyant.

Sir Archibald frappa plus fort.

La roche se brisa par fragments, comme celle que Rodokani avait attaquée tout à l’heure.

Puis, tout à coup, le pic rencontra quelque chose de dur qui rendit un son métallique.

Alors sir Archibald fixa sa torche en terre

et prit le pic à deux mains.

Alors encore, au bout d’un instant, il s’aperçut que la matière qu’il attaquait n’était pas du rocher, mais bien une sorte de ciment blanchâtre qui avait avec le temps,

une certaine dureté.

Et, dès lors, sir Archibald fut fixé.

Derrière le ciment, évidemment l'œuvre des hommes, il y avait une porte ^et cette porte était en fer.

Un moment l’Anglais songea à rebrousser chemin, à revenir au puits et à appeler R odokani, afin que le Grec lui vînt en aide.

Mais il songea qu’Aléa demeurerait seule.

Et puis, un amour-propre, fort compréhensible du reste, le poussait à vouloir découvrir tout seul les trésors de Ma-Eddin.

Il continua donc à pulvériser le ciment qui recouvrait la porte.

Celle-ci lui apparut enfin, couleur de rouille, mais bien réellement en fer, et scellée dans le roc par des gonds énormes.

Aucune trace de serrure, du reste.

Sir Archibald attaqua la porte à coups de" pic.

La porte ne fut pas môme. ébranlée.

Sir Archibald continua sa besogne avec acharnement.

Puis, comme la sueur découlait de son iront en larges gouttes, il s’arrêta pour reprendre haleine.

Alors, il entendit un bruit sourd au-dessus

de sa tête.

Et, cherchant à se rendre compte de ce bruit, il fut bientôt fixé.

C’était la mer qu’il entendait.

La galerie où il se trouvait était au-dessous de l’eau.

Il reprit sa besogne.

La porte tenait bon.

Il essaya de desceller les gonds.

Les gonds résistèrent.

• Mi r

Alors, en homme initié à tous les Mystères de cette sombre époque appelée le moyen âge,

il pensa que cette porte sans Serrure avait peut-

être quelque ressort caché, quelque mystérieux Sézame.

Et feette main qui avait manœuvré le pic avec tant de vigueur, so promena discrète, prudente, attentive, sur toute la surface de la porte, s’arrêta souvent, cherchant une Assure, une proéminence, une cavité.

Tout à coup la main s’arrêta. •

Les doigts du chercheur venaient de rencontrer une espèce de clou à tète ronde qui faisait saillie.

Il appuya dessus.

Le clou résista, mais peut-être la rouille était-elle cause de cette résistance.

Sir Arcliibald saisit le pic et frappa le clou.

Le clou céda.

Soudain la porte s’ouvrit.

Sir Archibald se trouva alors au seuil d’ûne espèce deq^pnde qui rappelait en plus petit la salle souterraine où, à Paris, il avait trouvé réunis les descendants des disciples de Ma- Lddin.

Cette salle était vide encore.

Seulement, en y pénétrant, sir Arcliibald entendit sous ses pieds un bruit sonore.

Evidemment il ne marchait plus sur le roc.

Et grattant avec son pic la couche de terre qui recouvrait le sol, il mit ù nu une plaque defer. &

Cette plaque, formée de plusieurs feuilles assemblées et encastrées les unies dans les autres, occupait toute la superficie de la rotonde.

Le pic recommença à jouer.

Une des feuilles de la plaque se détaaha et laissa voir une cavité. 4

Sir Arcliibald continua à frapper et deux autres feuilles se détachèrent.

. * . ^ fe- r

Les premières marches d’un escalier s’offrirent alors aux regards de sir Arcliibald.

Il s’y aventura bravement.

L’escalier tournait sur lui-même en colimaçon et était taillé dans le roc vif.

Sir Arcliibald, exténué de fatigue, la sueur au front, marchait toujours, descendant une

à une les marches de l’escalier.

Il y en avait cinquante.

A la cinquantième, il rencontra un sol bu mide et glissant, et une autre galerie.

Mais la soif de possession de ces mystérieux trésors augmentât en lui à mesure que les trésors paraissaient s'éloigner.

Il s’aventura donc dans cette troisième galerie, fit une trentaine de pas et s’arrêta tout il coup ébloui, fasciné et comme suffoqué par le spectacle qu’il avait sous les yeux.

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