‹ Les finances Athéniennes au Ve siècle avant notre èreChapitre 4 sur 6 · DÉPENSES · texte numérisé non relu

DÉPENSES

En parlant des ressources dont Athènes disposait, nous avons déjà été amenés à plusieurs reprises à parler de ses dépenses, à cause de la spécialisation de certains impôts, destinés à des objets déterminés. Parmi les charges permanentes de son budget, qui devinrent de plus en plus lourdes, au cours du v e siècle, il faut citer les largesses faites aux citoyens et les traitements des fonctionnaires.

Theoricon. — Le theoricon (to Oeupixov) remonte à Périclès : c’était la distribution au peuple de sommes accu-

AU V e SIÈCLE AVANT NOTRE ÈRE.

mulées, qui fut inaugurée à l’occasion de la question des spectacles. On sait quel était le goût des Athéniens pour cette sorte de divertissement. Primitivement, l’accès en était ouvert à tous ; mais ce fut une source d’abus, et beaucoup de ceux qui n’y avaient pas droit, c’est-à-dire qui n’étaieut pas citoyens, y venaient assister. L’État décida alorsde faire payer chaque place 2 oboles, mais en même temps de fournir cette somme aux indigents, inscrits au livre de la bourgeoisie (xy]i*ia<p3(ix° v Ypap.p.axsïov). Ces paiements furent d’abord faits à l’occasion de certaines représentations, par exemple les dyonisiaques, et dans les théâtres eux-mêmes. On les étendit ensuite aux fêtes telles que les Panathénées : on cite les sept premières prytanées d’une année, au cours desquelles le Trésor paya de ce chef plus de 17 talents aux héllénotamiens.

Traitements . — Les traitements de toute nature prirent peu à peu un développement considérable. On donna d’abord une obole à ceux qui assistaient aux assemblées populaires : 20.000 citoyens étaient inscrits, mais ceux qui étaient effectivement présents, moins nombreux. Leur assiduité s’accrut lorsque le jeton fut porté à 3 oboles. Ils étaient parfois 8.000, et touchaient alors 24.000 oboles ou 4.000 drachmes ; à raison de quarante assemblées par an, la dépense, de ce chef seul, était d’une trentaine de talents : Le conseil des Cinq Cents, dont chaque membre recevait 1 drachme par jour et qui siégeait toute l’année à l’exception des jours fériés, coûtait une somme à peu près égale. Le traitement des juges exigeait davantage. Ils étaient 6.000 et recevaient d’abord 1, puis 3 oboles par jour : le total était donc de 3.000 drachmes par jour, et, à raison de 300 jours d’audience, 900.000 par an. Les autres fonctionnaires rétribués par le Trésor public étaient les chargés d’affaires-orateurs, les ambassadeurs, les épiscopes allant remplir des missions dans les villes qui reconnaissaient l’autorité d’Athènes, les nomothètes, c’est-à-dire les légis-

lateurs choisis parmi les juges. Les revenus étant affermés, il n’y avait pas de percepteurs dont les traitements fussent à la charge de l’État. D’autre part, on donnait aux indigents (àâuvoftoi), c’est-à-dire ceux dont la fortune n’atteignait pas 3 mines, un subside de 1 à 2 oboles par jour.

Armement. — Les dépenses d’armement, même en temps de paix, n’étaient pas négligeablès. Si les riches s’équipaient à leurs frais, des arsenaux étaient nécessaires pour fournir des armes aux pauvres, aux esclaves, à tous ceux qu’on mobilisait en temps de guerre. Thémistocle avait fait voter une loi qui ordonnait la construction de 20 trirèmes par an. Les chevaliers recevaient une solde qui s’appelait xaxâffxac'iç.

Ce budget de dépenses nous rappelle, sous plus d’un rapport, celui de certains États modernes : Les. fonctionnaires en absorbent une partie notable et l’assistance publique y est très développée, mais les secours en sont, pour la majeure partie, assurés par des libéralités parculières.

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