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; Aux États-Unis, le thé japonais fait concurrence au thé chi1- nois:en 1894, il avait été importé en Amérique 46 millions de
livres du premier contre 15 millions du second (1); en Russie, au contraire, le thé chinois s'est maintenu sur le marché. D’une façon générale, les exportations chinoises de thé ont diminué : de 1884 à 1893, elles ont baissé de 268 à 242 millions de livres. Le prix de revient proprement dit est inférieur en Chine à ce qu'il est ailleurs; mais les droits fiscaux l’'augmentent d'environ
30 pour 100, tandis qu'aux Indes et à Ceylan, il n'existe aucune taxation de ce genre.
La soie chinoise s'exportait bien avant le thé; déjà, dans les temps anciens, elle arrivait en Perse, en Syrie et jusqu'à Rome. L'opium n’a pas fait l’objet de statistiques précises : dans chacune des provinces de Szechuen et de Yunnan, la production en est estimée à environ 7 millions de livres, ensemble 15 millions,
. Soit le quadruple de ce qui s'importe des Indes; le pavot est cultivé dans maintes autres parties du territoire. Aussi voit-on diminuer l'importation indienne, qui est celle d’une plante de
qualité supérieure. Le coton est cultivé en très grande quantité : les 80 millions de livres qui s’en exportent ne représentent qu'une très faible partie de la récolte totale. Des filatures se sont créées, notamment à Shanghaï, et se créeront sans doute en grand nombre dans la vallée du Yangtse, centre principal de la
(1) RS. Gundry, China present and past.
production. C'est par étapes successives que ce fleuve a été ouvert d au commerce européen et américain; le traité de 1858 avait permis aux navires étrangers l'accès de Hankéou ; à partir de 1876, ils purent remonter 640 kilomètres plus haut, jusqu à Ichang, et enfin, en 1893, jusqu'à Chungking, au centre du Szechuen. Les richesses minières de la Chine sont considérables. La Mandchourie renferme des alluvions aurifères qui ont été exploitées déjà dans le bassin de la Jeltonga, affluent de l'Amour: une république d’orpailleurs s'y était installée en 1884 et ne fut dispersée que deux ans plus tard par les troupes chinoises, après avoir récolté plus de 8000 kilogrammes d’or. Le fer et la
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houille existent en abondance dans le centre de l'empire. Certains auteurs assurent que le territoire houiller de la Chine 1} s'étend sur 600 000 kilomètres carrés et serait ainsi le plus vaste 4 du monde. Des gisemens puissans ont été reconnus dans le
Chili, le Shansi, le Shensi, le Hounan, le Honan, le Houpeh, et plusieurs autres provinces. Les minerais de fer, hématites brunes et rouges, abondent au Yunnan et au Kouitchéou,; le Szechuen est riche en fer carbonaté des houillères. Le cuivre est extrèmement abondant au Yunnan.
L’excellente main-d'œuvre que le Chinois est susceptible de fournir n'est encore que peu employée dans l'industrie. Presque tout l'effort du peuple s'applique à l’agriculture: la vallée du Yangtsé, à elle seule, pourrait produire des moissons qui suffiraient à nourrir toute la nation : néanmoins le défaut des communications est tel que la Chine n'exporte jamais de riz, mais en importe au contraire régulièrement.
Presque tout le commerce extérieur chinois se fait par mer, en attendant que le Transsibérien soit terminé. En 1899, plus de 65 000 navires, jaugeant 39 millions de tonnes, sont entrés dans