‹ Les finances de guerre au XXme siècleChapitre 10 sur 133 · A PERÇU SYNOPTIQUE · texte numérisé non relu

A PERÇU SYNOPTIQUE

L'état d'hostilité exige -de la part des belligérants, nous l'avons vu, des dépenses qui présentent deux caractères particuliers: la rapidité et l'énormité. Quelles seront donc les recettes qu'il faudra établir pour couvrir ces dépenses extraordinaires de guerre? Comment faudra-t-il les organiser! C'est là, dit M. Roger Bonnard, le problème des finances de guerre (1).

Il nous faudra donc examiner tout d'abord quels sont les moyens qui sont ou qui peuvent être employés le plus avantageusement, en tenant compte des intérêts de l'économie nationale et des principes de justice fiscale, pour réunir, dans un laps de temps très restreint, les sommes considérables destinées à faire face aux hostilités.

Mais cette étude, purement théorique, très intéressante certainement au point de vue scientifique, risquerait fort de rester un peu vaine et superficielle à cause de son trop grand détachement de la réalité. Simple conception de l'esprit, elle pourrait être pour les économistes un objet de curiosité, non une source de renseignements utiles. L 'observation est encore, pour la science financière comme pour beaucoup d'autres sciences, la meilleure méthode et, pour rester pratique, il ne faut guère, en général, sortir du domaine des choses tangibles.

C'est pourquoi l'objet de notre ouvrage sera principalement d'étudier les finances des belligérants à l'occasion des grandes guerres du XXe siècle, guerre anglo-boer, guerre russo-japonaise, guerre italo-turque et guerres balkaniques, et de voir comment ont été appliqués dans ces circonstances les principes théoriques que nous aurons tout d'a*bord exposés.

(1) Les Finances de guerre, par Roger Bonnard, dans la Revue de science et de législation financières (avril, mai, juin 1913).

Enfin il nous a semblé que le problème de la guerre future et de sa préparation financière était trop angoissant à l'heure actuelle pour que nous ne lui fassions pas une légère allusion au cours de notre travail. L'Europe est aujourd'hui divisée en deux camps: la Triplice d'un côté, et la Duplice, complétée par l'Entente cordiale, de l'autre. Il est donc intéressant de connaître quels seraient, dans l'hypothèse d'un conflit, les moyens financiers de ces deux groupements, car même si le plus riche, comme l'histoire l'a maintes fois montré, n'est pas toujours le plus fort, du moins la situation financière des belligérants est-elle à coup sûr un facteur très important dans la détermination définitive du vainqueur. Toutefois, malgré notre désir d'étudier dans une troisième partie, sous le titre « La paix armée financière », les phénomènes contemporains de préparation financière à la guerre chez les grands peuples de l'Europe, l'étendue du sujet nous y a fait renoncer. Aussi nous bornerons-nous à présenter, sous forme de conclusion pratique à notre étude, certaines vues d'ensemble sur cette question. La littérature la concernant est d'ailleurs déjà nombreuse, tant en France qu'à l'étranger.

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