CAPITAL EN CIRCULATION FIN
(en cou
ronnes)
En 1909, le Monténégro <avait émis à Londres un emprunt de 250.000 livres sterling, soit environ 6 millions de francs, amortissable en trente-six ans. Le produit de l'opération était destiné à rembourser diverses dettes antérieurement contractées par le Gouvernement, en particulier des bons du Trésor, à fonder un Crédit foncier et à exécuter divers travaux publics. Cet emprunt était spécialement gagé sur le produit net des douanes et du monopole du sel: ce produit dépassait, d'ailleurs, de beaucoup la somme nécessaire au service des intérêts et de l'amortissement.
Il est certain que la dette du Monténégro était peu importante d'une manière absolue: elle ne représentait, en
effet, que 27 f rancs par habitant. D 'autre part, son service absorbait à peine le dixième des ressources publiques. Mais il ne faut pas perdre de vue que les facultés contributives du pays étaient très faibles et peu élastiques.
Aussi n'est-il pas sans intérêt de rechercher comment, dans ces conditions, le Gouvernement de Cettigné a bien pu réunir les ressources qui lui ont été indispensables dans sa lutte contre la Turquie.
Il fit d'abord imprimer à Prague, au mois de novembre 1912, une vingtaine de millions de banknotes, qui lui servirent à faire face à ses paiements les plus urgents. Nous avons, d'ailleurs, vu que la Banque nationale de Serbie se chargea justement de l'émission d'une partie de ces billets et que ceux-ci reçurent cours légal sur tout le territoire serbe. .
On se souvient ensuite qu'au moment où les puissances obligèrent le Monténégro à évacuer Scutari, des avantages économiques et un emprunt lui furent promis. Cet emprunt, d'un montant nominal de 6 millions de francs,, fut émis, fin 1913, sur les marchés de Paris et de Rome par l'intermédiaire de la Banque de Paris et des Pays-Bas et de la Banque Commerciale de Milan.
Ces diverses mesures financières ont suffi pour permettre au Monténégro de solder ses dépenses militaires et de liquider sa situation. Il ne faudrait cependant pas croire que les frais de la guerre ont été négligeables du côté monténégrin. La seule liquidation des dépenses directes résultant du conflit contre la Turquie comportait, en effet, pour ce pays : le paiement de bons de réquisition évalués de cinq à huit millions; le retrait du papier-monnaie de fortune émis par le Gouvernement pendant l'hiver 1912; le règlement des frais de transport dus à la Société italienne concessionnaire du chemin de fer d'Antivari à Virbazar et des services de navigation sur le lac; le service des pensions aux blessés, veuves et orphelins; les. secours; immédiats aux indigents qui n'avaient pu cultiver leurs terres pendant la campagne agricole de 1913 et manquaient même de
bétail pour la prochaine campagne; enfin, la réfection du matériel de guerre, et je ne sais combien de charges accessoires qu'il serait fastidieux d'énumérer.