‹ Les finances de guerre au XXme siècleChapitre 39 sur 133 · ÉCHÉANCE · texte numérisé non relu

ÉCHÉANCE

sh.

mois (30 août 1900).

» (4 avril 1900).

» (15 mai 1900).

» (15 nov. 1900).

» (20 nov. 1900).

mois (6 juillet 1900).

» (6 janv. 1901).

» (-2 mars 1901).

2 mars

» (2 mars 1901).

» (30 mars 1901).

» (30 juin 1900).

» (30 sept. 1900).

La valeur capitalisée des annuités était évaluée, le 31 mars 1900, à 60.239.000 L. contre 36.243.000 L. Tannée précédente à la même époque.

Nous sommes donc maintenant en avril 1900.

Lorsque, peu de temps avant l'entrée triomphale des troupes anglaises à Blœmfontein, les propositions de paix des deux Présidents des Républiques sud- africaines eurent été repoussées par le Gouvernement britannique, le Président Kriiger se rendit dans toutes les Cours de l'Europe pour solliciter une intervention en faveur des valeureux Boer s. Cet appel aux grandes puissances ne fut point entendu. Mais les héroïques colons du Transvaal n'en décidèrent pas moins, malgré leur peu de chance de succès, de continuer vigoureusement une lutte à outrance pour -la sauvegarde de leur indépendance politique.

Lord Roberts commença par gagner constamment du terrain. Le 18 mai, il réussit à lever le siège de Maf eking ; le 31 mai, il occupa Johannesbourg, et, le 5 juin 1900,1a capitale du Transvaal, Prétoria, tomba (Sans coup férir entre les mains des troupes britanniques. Dans les mois suivants de juillet et d'août, les Boers essuyèrent encore 'Je nouvelles défaites, et, le !20 septembre, lord Roberts déclara « that the war was practically over », que tout était pratiquement terminé. Triomphant, il informa Londres <i qu'il ne restait encore de l'armée, boer que quelques bandes errantes, la plupart de mercenaires étrangers ».

Après que la résistance boer parût brisée, le gouvernement de Londres se crut autorisé à demander au Parlement de voter les crédits nécessaires à la liquidation des dépenses de guerre qu'on n'avait pas comprises dans le projet de budget. C'est pourquoi il déposa, peu de temps avant la clôture de la session, le 27 juillet, une demande de crédit supplémentaire de 11.500.000 L. De cette somme, 7.440.000 L. seulement devaient être employés pour la guerre du Transvaal; 3.000.000 L. étaient

prévus pour les opérations militaires en Chine, et le reste devait trouver emploi à d'autres dépense® militaires.

Outre ces 11.500.000 L., 1.250.000 L. de crédits supplémentaires avaient déjà été votés pour la marine et 200.000 L. pour l'expédition contre les Achantis, de telle sorte que les dépenses autorisées depuis le commencement de l'année financière s'élevaient au total de 13.000.000 L. en chiffres ronds.

Voici comment se décomposait le crédit de 11.500.000 L. voté le 27 juillet 1900 par la Chambre de»s Communes (1) :

Crédit mis à la disposition de l'année de guerre

Corps de volontaires

Constructions militaires et baraquements ....

Bien que le Chancelier de l'Echiquier disposât encore d'un crédit de 6.000.000 L. pour faire face à ces dépenses, il demanda cependant au Parlement, à cause du coût incertain de l'expédition de Chine et dans le but de réduire les engagements du Trésor envers la Banque d^Angleterre, de porter à 13.000.000 L. le montant du nouveau crédit à voter et de l'autoriser à se procurer cette somme d'argent à sa fantaisie, soit par la conclusion d'un emprunt de guerre, soit par l'émission de bons du Trésor

(1) Hansards Parliamentary Debates.

(Treasury Bills) ou de bons de l'Echiquier (Exchequer Bonds). Tout cela fut voté par la Chambre des Communes sans soulever aucune opposition.

10.000.000 L. des nouveaux crédits furent couverts, dès le mois d'août 1900, par l'émission d 'Exchequer Bonds 3 0/0, au cours de 98 pour cent, et remboursables le 7 août 1903. Si le Gouvernement a eu recours à ce type, c'est qu'il n'a pas voulu augmenter l'emprunt de guerre de 30.000.000 L. auparavant émis et mal classé, ni grossir davantage la circulation des bons du Trésor émis pour les besoins de la guerre et qui atteignaient déjà un total de 18 millions de livres.

Mais la façon dont s'y prit le Chancelier de l'Echiquier provoqua parmi les capitalistes anglais un très vif mécontentement. On a raconté que sir Hicks Beaeh parla de son emprunt à quelques banquiers de Londres et que ceux-ci se montrèrent peu enthousiastes et répondirent qu'au-dessous de 4 0/0 on trouverait difficilement de l'argent. Làdessus, le ministre des Finances se serait mis en quête et, vers le 2 août, aurait conclu avec un ancien fonctionnaire britannique, devenu associé de la plus puissante maison de banque américaine établie à Londres, la vente ferme, à 98 0/0, de la moitié de l'emprunt, avec condition du paiement en or. Ce qui est certain, en tous cas, c'est que le prospectus de l'emprunt fut publié un vendredi, engageant le public anglais à souscrire, et, lorsque, après trois jours de fête, la souscription fut ouverte le mardi matin, il y eut afflux de demandes. Mais à 10 h. 3/4, les portes furent fermées, les listes déclarées closes, avant que les capitalistes aient eu, pour la plupart, le temps d'arriver aux guichets. Le Chancelier de l'Echiquier, en effet, en considération de la tension monétaire qui se manifestait sur le marché britannique, et pour ne point diminuer encore la si faible réserve en billets dont jouissait alors la Banque d'Angleterre, s'était entendu avec un consortium de banques anglo-américain et lui avait

cédé ferme 5.000.000 L. du nouvel emprunt, c'est-à-dire la moitié. Ce ne fut donc que l'autre moitié qui fut émise par souscription publique parmi les capitalistes anglais.

L'encaisse de la Banque d 'Angleterre était tombée audessous du minimum des sept dernières années. Elle avait pourvu, en effet, par des avances, temporaires, à une bonne partie des dépenses courantes de l'expédition boer et le Gouvernement se trouvait alors très endetté vis-à-vis d'elle.

A la fin de novembre 1900, il devait ainsi près de 8 millions de livres sterling sur des « Ways and Means )) et des (( eficiency bills ». Le gouvernement a le droit de demander à la Banque d'Angleterre des avances temporaires lors du paiement des coupons ou à l'occasion de circonstances imprévues ; mais, en 1900, il a répété ses appels à cette banque. Aussi celle-ci se trouva-t-elle à plusieurs reprises dans une situation délicate et difficile : d'une part, elle avait le devoir de veiller à la sécurité monétaire, de ne pas laisser l'escompte hors banque s'en aller à vau-1 'eau à une grande distance du taux officiel de façon à permettre le drainage du métal jaune ; d'autre part, elle devait faciliter au gouvernement le placement de ses emprunts et de ses bons à courte échéance. En outre,"les grands versements que faisait l'Etat pour payer ses dépenses de guerre amenaient sur le marché une abondance factice pouvant faire illusion sur la situation véritable du marché des capitaux.

Grâce à l'appel, du Chancelier de l'Echiquier au capital étranger sous la forme de l'émission de 5.000.000 L. d'Exchequer Bonds en Amérique, grâce aussi à différentes mesures prises par la Banque d'Angleterre dans le but de faire affluer dans ses caisses l'or extérieur (taux d'intérêt plus élevé pour les dépôts étrangers, ^dispense d'impôt...), grâce enfin à l'élévation du taux de l'escompte de 3 à 4 0/0, la situation de la Banque s'iaméliora beaucoup: la réserve gagna 4 millions 330.000 livres sterling environ.

Malgré cet heureux résultat, sir Michaël Hioks Beach fut vivement attaqué dans le Parlement et dans la presse pour son contrat avec les banques de New- York. Après que l'Angleterre eût suffi jusque-là à faire face par ses seules forces à toutes les dépenses de guerre, on trouva humiliant, en effet, de demander l'aide de l'étranger pour un emprunt de 10.000.000 L. On craignit, en outre, qu'il n'en résultât au dehors la conviction que l'Angleterre avait été fortement affaiblie par la guerre, non (seulement au point de vue militaire, mais encore au point de vue financier.

En tous cas, les 5.000.000 L. d'Exchequer Bonds réservés au public anglais furent couverts plusieurs fois, quoiqu'on eût arrêté la souscription peu de temps après son ouverture. La seule condition pour souscrire était d'opérer un versement de garantie de 5 0/0. Les autres versements eurent lieu chaque mois, jusqu 'en novembre 1900, à raison de 20, 25 et 23 0/0.

Au mois de novembre, on procéda à une nouvelle émission de 3 millions L. de Bons de l'Echiquier à cinq ans. Enfin, dans le courant de l'année, il fut émis 13.000.000 L. de bons du Trésor, ce qui porte les opérations faites au cours de l'exercice 1900 à un total de 56 millions de livres.

La dette de l'Angleterre, au 1er avril 1900, s'élevait:

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