‹ Les finances de l'ancien régime de la révolution;Chapitre 13 sur 64 · LES DOUANES SOUS LA KIOVOLUTIOX · texte numérisé non relu

LES DOUANES SOUS LA KIOVOLUTIOX

Cependant, en lau III, alors que le papier-monnaie ne représentait plus que 2 1/2 0/0 de la valenr de l'argent, une loi du 20 thermidor (7 août 1795) stipula que la perception des droits de douane en assignats s'eiTectuerait dorénavant d'après une échelle proportionnelle au montant des émissions, échelle qui, à ce moment, sextuplait environ les payements à effectuer. Le sextuple des tarifs payé en assignats demeurait bicm au-dessous du taux vér.itti4:)le, puisque le papier valait alors 40 fois moins que la monnaie. Le seul remède eût consisté à prescrire le recouvrement intégral de droits en numéraire. Mais le gouvernement n'osait pas encore prendre une mesure aussi radicale. En lan IV, quelque temps après la destruction de la planche aux assignats, le Directoire, voyant la baisse croissante du papier-monnaie anéantir complètement la barrière élevée entre la France et l'étranger, décréta que les droits de douane seraient acquittés moitié en assignats au pair, et moitié en argent. (Loi du 4 nivôse an IV, 25 décembre 1795.)

Enfin, sept mois après, le gouvernement, « considérant « que la quotité des droits de douane a été déterminée dans « la proportion la plus convenable pour assurer aux pro- « ductions nationales la préférence qui leur est due sur « celles qui viennent de l'étranger, et qu'il est instant de « faire cesser un mode de payement qui altère sensible- « ment cette proportion au préjudice de l'industrie fran- « çaise » prescrivit le payement de tous les droits de douane en numéraire. ^Loidu 14 thermidor an IV, 1" août 1790.)

Bientôt, du reste, le papier-monnaie disparaissait em • porté parla faillite de l'État. (Février 1707.)

Ainsi l'institution des assignats, en 1791, concordant avec celle du tarif général des douanes, entraîna à bref délai

la ruine de ce dernier. A côté d'une loi commerciale, qui pouvait produire d"heureux résultats, l'assemblée constituante créa un élément destructeur, celui du papier-monnaie, qui en annula l'exécution. C'est en août 1796 seulement, quand le payement en numéraire fut rétabli, qu'on put reprendre la mise en application etTective du tarif de 1791. Mais alors, l'industrie nationale n'existait plus : la guerre avait supprimé nos relations commerciales avec l'étranger. Bientôt, du reste, le système prohibitionniste, porté à outrance par le gouvernement impérial, allait etfacer complètement l'œuvre du législateur de 1791 : celle-ci ne reçut, en fait, qu'une application d'une durée très restreinte.

Le régime des assignais, si funeste aux tarifs, ne le fut pas moins ti la hiérarchie administrative établie par la loi du 1" mai 1791. Du moment que les payements s'effectuaient en papier-monnaie d'une valeur sans cesse décroissante, l'échelle des traitements, si laborieusement déterminée par les pouvoirs publics, se trouva complètement bouleversée. Les allocations primitives tombèrent à un taux dérisoire, et l'on se demande comment les employés de l'État purent traverser une si longue période de privations. L'espérance d'un sort meilleur les soutenait sans doute ; l'amour du devoir aussi les retint; ces sentiments expliquent, à la rigueur, leur patiejice durant ces terribles épreuves. Toutefois de nombreuses défections allaient se produire, si le gouvernement ne les eût arrêtées par un moyen suprême : il réiiuhitionna les préposés (1) ; et, en vertu de ses

1. N'ons vei'i'oiis, dans un chapitre suivant, la Révolution employer encorf. le système des réquisitions pour retenir les employés.

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