‹ Les finances de l'ancien régime de la révolution;Chapitre 36 sur 64 · EXAGÉRATION DES ÉMISSIONS. — DÉPRÉCIATION DES ASSIGNATS · texte numérisé non relu

EXAGÉRATION DES ÉMISSIONS. — DÉPRÉCIATION DES ASSIGNATS

I. Émissions d'assignats, seul procédt'' financior sons la Coiivonlion et le nirectoire. — On atteint le total de 45 milliards. — II. Dépi'éciation continue des cours. — Impuissance des remèdes opposés à la baisse par la Convention. — Pénalités terribles, projets divers. — Prix de divers comestibles en l'an III et en l'an IV.

L'assemblée constituante, comme nous l'avons vu, créa 1.800 millions d'assignats.

L'assemblée législative qui lui succéda, du mois d'octobre 1701 à septembre 1792, ajouta à ce total 900 nouveaux millions; puis la Convention, 7 milliards 278 millions.

Déjà, depuis l'assemblée constituante, les bordereaux de la trésorerie avaient été montés de manière à faire ressortir,

i. Comme il deviendrait presque imi)ossible de suivre par ordre ohronolo^'ique l'histoire des finances pendant la Révolution, nous traiterons séparément chacun des sujets les plus saillants de l'époque : assignats, faillite sur la rente, papiers de toute nature substitués au papier-monnaie après sa chute, emprunts forcés et pro^frcssifs, prévarications des fournisseurs, corruption des fonctionnaires, budgets et comptabilité, ressources de toute nature que la Révolution a dévorées, etc.

Ces divisions, en groupant dans un chapitre spécial les faits analogues, permettront de le» exposer avec plus de clarté et d'en mieux faire ressortir les enseignements.

dans leur cadre final, la somme en assignats nécessaire pour couvrir mensuellement l'excédent des dépenses sur les recettes. Une ibis cet excédent de dépenses bien constaté, la valeur correspondante en assi^^nats était immédiatement et de plein droit extraite de la caisse à trois clefs. Cette caisse a été décrite dans le chapitre précédent (1). On y puisait, chaque mois, des quantités de papier de plus en plus considérable, et bientôt, la principale difficulté financière de l'époque fut de maintenir constamment son approvisionnement au niveau des besoins.

S'agissait-il de solliciter l'autorisation d'une nouvelle émission, on s'empressait de prévenir l'assemblée que tout le papier nécessaire au tirage était acheté, préparé, par avance, el qu'aussitôt le vote obtenu, les services se trouveraient assurés. (Rapport de Cambon, 23 septembre 1792.)

L'atelier de fabrication des assignats fut renforcé de 400 ouvriers sous la Convention. Les comités y tirent activer si fiévreusement le travail, qu'un jour une grève se déclara parmi ses artistes, « exténués de besoin, qui sont « à l'ouvrage depuis 6 heures du matin jusqu'à 8 heures « du soir », écrit le directeur de la fabrication. « Nous « avons la douleur devons instruire que les divers ateliers « de la division des artistes ont quitté ce matin leurs tra- « vaux.» (Lettre au comité des finances, 15 messidor an 111. Aroh. nat., A. F. 11, GO.)

Ce simple incident risquait de suspendre la marche de l'administration tout entière. Aussi, le comité des finances et le comité de salut public, immédiatement convoqués, prescrivent-ils, d'urgence, de distribuer une livre de pain par jour à chaque employé. (Arrêté du 18 messidor an 111.)

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