‹ Les finances de l'ancien régime de la révolution;Chapitre 9 sur 64 · TARIF GÉNÉRAL DES DOUANES · texte numérisé non relu

TARIF GÉNÉRAL DES DOUANES

au traité de commerce fait avec l'Angleterre ; il devenait, en effet, indispensable de permettre à l'industrie nationale de lutter à armes égales avec ses nouveaux concurrents.

Le premier travail soumis à l'assemblée nationale relativement aux tarifs de douanes, après la suppression des barrières intérieures (1), fut celui que Goudard présenta au nom des comités du commerce et de l'agriculture. Nous avons déjà mentionné avec quelle facilité Goudard savait virer de bord suivantles tendances de la majorité. Il lut, à la séance du 30 novembre 1790, un rapport, monument curieux de protectionnisme et de mauvais style. « Il a « toujours suffi de prononcer devant vous le mot de liberté « pour rallier tous les esprits. Moi aussi, je viens au « nom du commerce vous demander la liberté. /e réclame « la liberté, en ce sens qu'elle sera la protection du com- « merce national et qu'elle veillera à la sûreté de nos ma- « nufactures : je vous demande d'accorder au commerce « la liberté d'exister. » Après cette proclamation à double entente sur la liberté, Goudard aborde franchement son sujet, et non seulement alors l'idée, mais le mot même de liberté ne tarde pas à disparaître de son discours. Celui de prohibition le remplace franchement; son éloge des prohibitions remplit une page entière. La prohibition, d'après lui, est le seul procédé pratique pour repousser les produits étrangers : les droits peuvent toujours s'éluder : la prohibition, au contraire, rend la marchandise saisissable, par cela seul qu'elle circule ou existe sur le territoire

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