RÉSUMÉ GÉNÉRAL
< queSy fournis par la République tant aux douze corn- ^ missions executives^ qu'aux diverses agences et autres
< bureaux, établissements ou commissions particu-
< lières.
« Il se fera représenter les autorisations en vertu des- ^ quelles les dits meubles et effets ont été fournis. « Il fera poursuivre, conformément aux lois, tous ceux
< qui auraient pris, détourné lesdits effets, ou s'en seraient « emparés indûment.
« Fait au Directoire exécutif le 20 frimaire an IV. » {Extrait des registres de délibérations du Directoire exécutif.)
C'est sans doute à cause de ces emprunts d'objets divers, longtemps conservés pour l'usage des autorités locales ou centrales, que les ventes de mobiliers procurèrent encore «n produit important aux budgets de Fan VII et de Tan VIII. « On a cru depuis quelques années, dit Ramel, qu'il
< ne restait plus rien à vendre des mobiliers acquis par la ^ République : on s'est trompé. » Ce mobilier donna, en Tan VII, 5 millions de produit net, et, en l'an VIII, 2.900.000 francs.
En résumé, sans parler des gaspillages et des destructions, et en tenant compte des aliénations régulières effectuées au début, on peut, d'après les comptes de Ramel, évaluer hypothétiquement les objets que nous venons de passer en revue, argenterie d'églises, métal de cloches, matières précieuses, mobiliers de toute origine, à 200 ou 250 millions qui, joints à la valeur des biens nationaux, forment un total de 5 milliards 750 millions.
Ainsi, en dehors des impôts, au delà des taxes régulières ordinaires ou extraordinaires, en sus des emprunts volontaires ou forcés, la Révolution aurait confisqué et absorbé 5 milliards 750 millions de valeurs, soit en moyenne plus de 700 millions par an .
Qui pourra dire ce qu'elle a fait de cette masse de propriétés foncières et mobilières ? A quels services, à quelles dépenses ont été exactement affectés ces 5 milliards 750 millions?
Nous avons déjà renoncé à dresser le budget des recettes et des dépenses ordinaires de la Révolution. II faut, à plus forte raison, abandonner aussi la prétention de reconstituer son budget extraordinaire.
< Quelle est la somme qui a été dépensée dans cette ter- < rible période? s'écrie Ramel. C'est presque demander ce « qu'a coûté la Révolution ! question insoluble, et qui le « sera toujours. > {Des finances de la République,)
Qu'il nous suffise de savoir d'une manière générale, que malgré 5 milliards 750 millions de ressources supplémentaires, la Révolution vécut dans la misère et aboutit à deux colossales faillites.
Si maintenant, après avoir considéré les opérations financières de la Convention et du Directoire, nous jetons nos regards en arrière, n'apercevrons-nous pas, au delà du règne de Louis XVI, des malversations et des manques de foi d'un caractère presque aussi grave ? Les altérations de monnaies pratiquées par Desmarets, les ajournements de payement, les réductions d'intérêts de la rente à la fin du règne de Louis XIV, les billets émis par le contrôleur général Lav^ et liquidés par une formidable banqueroute, la répudiation successive de tous les engagements de l'État cyniquement proclamée par l'abbé Terray,